Vivre et découvrir

Voyage d'un an en famille et en camion aménagé par voie terrestre.

10 novembre 2009

Photos des EAU

Bonjour tout le monde,

Les photos des EAU sont en ligne dans les albums EAU (d'hier soir) et EAU 2 que je viens de complèter...

A très bientôt.

Posté par Le scrap du ry à 14:38 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 novembre 2009

Les Emirats... Enfin des nouvelles!

Bonjour à tous,

Voici enfin des nouvelles de notre séjour aux Emirats Arabes Unis.

Nous sommes arrivés aux EAU au Jour 94 après une traversée du Golfe arabo-persique en ferry. Naïvement, nous pensions avoir moins chaud de ce côté du golfe mais très vite, nous nous rendons compte qu’il n’en est rien. Débarqués les premiers du ferry, nous sommes accueillis de suite par un bien sympathique Emirati, en dishdasha traditionnelle et grosse 4X4 de luxe, et papotons au sujet des libertés individuelles et des contrastes entre son pays qu’il décrit comme libre et l’Iran d’où nous venons. Nous nous rendons ensuite au service de l’immigration et retrouvons notre monsieur qui est manifestement quelqu’un de très important dans ce service ! La drogue est interdite aux EAU et on ne rigole pas avec ça. Les femmes sont fouillées par une femme et les hommes ont même droit à un examen des yeux afin d’analyser l’état de dilatation des pupilles. Je suis  vaguement « tâtée » mais Silvio ne subit aucun contrôle. Baloo n’est même pas inspecté ! Ensuite, nous devons nous arranger avec la compagnie de ferry pour payer le solde de ce qui n’a pas été réglé en Iran. Nous cherchons un terminal et notre carte visa se fait avaler par l’appareil ! Il ne manquait plus que ça, tiens… Nous venons d’arriver après une très courte nuit, il fait torride, nous n’avons toujours pas réglé nos dettes et nous n’avons plus notre carte… Bref, un Pakistanais nous aide gentiment et conduit Silvio à une banque en ville pour retirer du cash avec une autre carte et nous permettre de continuer, avec son aide, nos démarches pour sortir Baloo du port. Il dit nous aider car lui ne l’a pas aidé à son arrivée aux Emirats et l’a tellement mal vécu cet isolement qu’il ne souhaite pas que d’autres personnes aient le même ressenti. Son aide fut gratuite et offerte de tout cœur. Merci à lui ! Au soir, nous trouvons refuge sur le bord de la plage de Sarjah ou d’emblée, deux choses nous frappent :

-          Les gens jettent leur crasse par terre sans scrupule (Emiratis comme européens, bien plus nombreux, d’ailleurs) alors que des Indiens et des Pakistanais sont payés pour ramasser.

-          Le nombre de femmes européennes en bikini, alors que c’est interdit et que nous sommes sur une plage publique dans un pays musulman ! Quand on pense aux débats qu’à occasionné le port du foulard islamique dans les écoles de Belgique et de France, on se dit que les « pauvres » Emiratis doivent se demander ou va leur pays. Rappelons que 80% des habitants des EAU sont des étrangers…

Enfin, passé notre étonnement, nous constatons vite que nous sommes dans un pays fric et frime. Entre les grosses 4X4, les jet-ski qui passent à toute vitesse à quelques centimètres des nageurs, les jeunes en vêtements de marque, Ipod sur les oreilles, nous ne nous sentons pas trop à notre place avec notre vieux camion J. Bon, soyons honnête, nous avons grandi dans un certain confort et on ne se renie pas. Très vite, nous sommes ravis également de retrouver un certain confort de vie. Ici, aux EAU, on trouve tout !!!

Nous nous reposons deux jours de nos nombreuses heures de démarches de part et d’autre du golfe avant de partir découvrir Dubaï.

Arrivés à Dubaï, nous nous garons face à la mer turquoise, face à la plage de sable blanc et avons vue sur le Burj al Arab, seul hôtel sept étoiles de la planète. Cet hôtel ne se visite que si vous êtes en possession d’une réservation alors, nous revoyons nos standards et visitons le Jumeirah Beach, un superbe hôtel cinq étoiles qui a une vue imprenable sur le Burj al Arab. Les enfants adorent et veulent rester dormir ! Comme nous ne voulons pas vu les prix pratiqués, ils nous maudissent d’être pauvres !!! De là, nous partons visiter le Mall of the Emirates, le plus grand du pays. Quelle démesure !!! Il y a toujours 38 degrés à l’ombre dehors mais le Mall est bien sûr pourvu de l’air conditionné (comme toutes les maisons, les voitures et même les abris bus !) mais dans le Mall, des gens skient avec leur grosse doudoune sur la piste de ski refroidie à moins trois degrés !

Rentrés dans notre maison roulante et endormis, nous sommes réveillés vers une heure du matin par la police. Nous croyons en être quittes, de la police, mais ça ne semble pas être le cas. En fait, les policiers sont charmants ; ils se demandent juste comment nous sommes arrivés ici ! Il est vrai que nous sommes le seul véhicule avec une plaque d’immatriculation étrangère malgré le nombre incroyable d’expatriés. Le fait que nous soyons venus de Belgique avec notre véhicule nous place dans une catégorie distincte aux yeux des Emiratis. Etrangers : oui mais étrangers à accueillir… Le lendemain, les enfants profitent de la plage et nous partons ensuite vers le centre admirer le Burj Dubaï, la plus haute tour de monde ! Tout est « plus », ici… Vous lirez plus tard qu’après l’hôtel le plus chic et la tour la plus haute, il y a l’hôtel le plus grand, les îles les plus artificielles, … Ensuite, nous visitons le souk couvert Al Bahar et le Mall of Dubaï. En fait, nous profitons d’être aux EAU ou rien ne semble impossible pour mettre sur pied la suite de notre voyage et effectuer les achats nécessaires. En effet, bien qu’on nous ait annoncé des prix à l’européenne, nous trouvons quand même la plupart des choses bien moins chère que chez nous et en profitons donc. Des chaussures à moins de dix euros, des vêtements à un euro dans certaines boutiques spécialisées, … Et puis, de la nourriture fraîche et des cocktails de fruits dont nous nous régalons après notre mois de riz et de boites de thon en Iran. Cette petite parenthèse pour expliquer notre présence dans les Malls. De plus, il y a souvent moyen de se connecter  à Internet, ce qui a toute son importance après presqu’un moins d’abstinence.

En soirée, nous admirons le jeu des fontaines devant le Burj Dubaï.

Au jour 98, nous retournons à Sarjah car nous avons rendez-vous avec un responsable de la banque à laquelle appartient l’ATM qui a goulûment avalé notre carte visa. Nous voici donc dans un immeuble flambant neuf en tenue de touristes relax au milieu de femmes en abayas et d’hommes en dishdashas ou en complet veston cravate pour les non Emiratis. La procédure aurait exigé que notre carte soit renvoyée en Belgique mais vu notre situation de voyageurs au long cours, le responsable accepte de nous la rendre. Quand il apprend que nous comptons visiter la Jordanie, les choses s’arrangent plus rapidement encore ; monsieur étant jordanien…

Une fois acquittés de notre mission, nous filons vers l’intérieur du pays. Nous le trouvons sale : il y a moins de Pakistanais ou d’Indiens pour ramasser les ordures mais les gens continuent à tout jeter par terre malgré la présence de poubelles. Le désert est partout ou rien n’a été construit. Des bulldozers travaillent à repousser le sable hors des axes routiers. Des dromadaires se baladent tranquillement. Nous nous arrêtons à Falaj pour la nuit car nous y avons repéré un Internet café et nous devons absolument ranger un peu Baloo. Nous avions récolté les caisses des repas sur le ferry en vue de mieux agencer nos bouquins qui supportent assez mal certaines routes et il est maintenant plus que temps de mettre tout cela en place. Nous sommes donc en nage, en plein déménagement intérieur lorsque Rachid se présente à notre porte pour papoter et pour nous proposer de nous accueillir pour la nuit. Les enfants étant déjà presqu’endormis, nous déclinons l’invitation. Il promet de nous amener à déjeuner  demain.

Au lever, nous ne pensons plus à sa proposition et nous mettons à table devant nos céréales lorsque deux jeunes servantes nous apportent un immense plateau de victuailles : du pain, de la marmelade, des pâtes sautées avec des œufs, des fruits secs, des jus de fruits, … Nous ne savons que dire...  Nous mangeons, donc ! Vers treize heures, rebelote, un monsieur nous apporte un grand plateau qu’il porte en équilibre sur sa tête. Nous nous régalons. La journée se déroule tranquillement, les enfants jouent et nous terminons nos rangements. Nous avons aussi repris sérieusement l’école après une grosse semaine de pause. Nous avons du cœur, quoiqu’en pensent nos enfants, et avons accepté de postposer les cours à cause des fortes chaleurs : plus de quarante degrés à l’ombre, peu voire pas de vent et une doufeur ultra pénible. Ici, à l’intérieur des terres, il y a au moins un peu de vent et il fait nettement moins humide.

Au soir, un des frères de Rachid vient nous trouver et s’enquiert de savoir si nous avons l’AC. Nous pensons directement à « courant alternatif » mais ici, tout le monde nous pose cette question et il s’agit bien évidemment d’ « air conditionné ». Quand on lui dit que non, il nous invite directement dormir chez lui, ce que nous acceptons de suite. Une nuit moins chaude est un très beau cadeau ! Il nous offre sa chambre d’amis avec télé et le fameux AC. Nous dormons comme en Iran, toujours par terre sur des matelas fins, et passons une bonne et fraîche nuit. Au réveil, un de ses serviteurs nous amène le petit-déjeuner .

Nous retournons « chez nous » faire l’école puis allons nous présenter dans la cuisine ou se trouvent les servantes afin de dire au revoir à la famille et de les remercier pour leur formidable accueil. Ils nous font rentrer dans la plus luxueuse maison qu’il nous ait été donné de voir de notre vie ! Incroyable !!! Le personnel apporte une coupe de fruits frais, les deux femmes du père de famille viennent nous saluer après qu’on nous ait expliqué le pourquoi des deux maisons identiques. Ces femmes portent le masque traditionnel en métal sur le visage. Une des sœurs nous offre un parfum d’ici qui s’avère être un des plus couteux des EAU ainsi que tout un set nous permettant de bruler des bâtons d’encens. Une autre sœur et un autre frère (la famille est très grande !) nous proposent de nous montrer la camélodrome qui appartient à la famille. Nous sommes ravis et partons avec eux en bordure du désert voir le champ de course ainsi que des dizaines de dromadaires. On reçoit toutes les explications concernant les robots qui dirigent les dromadaires. En effet, il y a peu, des jeunes garçons indiens ou pakistanais pour la plupart montaient les animaux. Le gouvernement a interdit cette pratique, d’une part à cause du nombre d’accidents, d’autre part parce que ces enfants restaient séparés de leur famille durant de trop longues périodes. Nous avons donc droit à une démonstration du fonctionnement du robot en question. Extraordinaire ! Mieux que ce que nous aurions pu espérer !

Sur le chemin, nous visitons la nouvelle maison qu’un des frères fait construire. A nos yeux, c’est un palace. Ca fait rire nos hôtes. Nous comprenons mieux pourquoi un peu plus tard quand nous revenons à la première maison et que Hoda nous fait visiter une partie de la demeure utilisée uniquement pour les réceptions. Quel luxe, quelle opulence et eux, nos hôtes, quelle prestance avec leurs vêtements noirs ou blancs immaculés… Les enfants sont sciés et nous aussi. Nicolas et Romane insistent tant et plus auprès de Silvio pour que ce dernier accepte de venir travailler ici. C’est Ali et Salem (encore d’autres frères, je le répète, il s’agit d’une très grande famille J) qui ont lancé le sujet et bien que nos loustics ne parlent pas l’anglais, étrangement, ils ont compris.

Au jour 101, nous quittons nos hôtes et prenons la route pour Dibba, vers l’Emirat de Fujaïrah, le seul à donner sur la mer d’Oman. Près de l’enclave omanaise, nous avons une demi-heure de pluie !!! Silvio est ravi car il est nostalgique de temps belge. Moi, je pense naïvement que le temps sera moins lourd après la pluie. Que nenni ! Rien ne change ! Le soleil et le ciel bleu revienne mais la lourdeur de l’air persiste. Après avoir acheté du maïs cuit et aromatisé, nous nous installons sur la plage et admirons les nombreux crabes qui s’y trouvent. Nous en profitons pour nous poser une seconde journée ce qui ravit les enfants. Nous rencontrons également un couple d’expatriés français : Michel et Anne-Marie, dont nous vous reparlerons plus tard…

Le jour suivant, nous visitons Fujaïrah qui n’a rien à voir avec Sarjah et Dubaï que nous avons visité auparavant. Cette ville nous déçoit. Par contre, il y a un très beau fort en excellent état de conservation. Tout autour des maisons anciennes qui sont ce qui reste de la vieille ville. Nous rentrons dans le site et décidons d’y bivouaquer. Il n’y a que quelques ouvriers et nous sommes tranquilles. Ils sont indiens ou pakistanais, très sympathiques et nous laissent utiliser leurs toilettes et surtout, leur eau. J’en profite bien sûr pour me mettre à jour au niveau des lessives. Le site est paisible et superbe, les couleurs sont celles que j’aime, beige (les bâtiments) et bleu (le ciel) et les enfants ont un immense « jardin » où ils peuvent jouer en toute sécurité. Nous profitons de notre pause pour nous concentrer un peu sur notre assurance « véhicule » car nous sommes dans le premier pays à ne pas être couvert par notre assurance belge. Ce n’est franchement pas une sinécure et, après des heures à nous traîner en ville sous une chaleur accablante, nous revenons bredouilles. C’est ça aussi, le voyage !!! De compagnies d’assurance en courtiers, nous finissons par en avoir marre et quittons Fujaïrah pour revenir sur Dubaï où nous devons poursuivre nos recherches quant à la suite de notre itinéraire. Une fois à Dubaï, nous recevons le prix de l’assurance proposée par SMS et, vu qu’il est exorbitant, nous déclinons la proposition. Entre temps, selon les conseils de nos hôtes de Falaj, nous visitons le dragon Mart, un centre commercial qui a la particularité d’être tout chinois. Des centaines de boutiques ne vendent que des produits « made in China ». On trouve absolument de tout !

Le lendemain, nous retrouvons « notre » emplacement en bord de plage avec vue sur le Burj al Arab et poursuivons nos démarches administratives. Nous allons ensuite nous balader sur la Palm Jumeirah, une des îles artificielles des EAU. C’est vraiment impressionnant de savoir que tout a été construit sur la mer ! Il y a même un tunnel qui passe sous l’eau pour permettre l’accès à toutes les palmes de l’île. A l’extrémité de cette île se trouve, une fois encore, un somptueux hôtel. Nous nous dirigeons en fin d’après-midi vers Abu Dhabi et bivouaquons près d’une mosquée à Al Samha. Pourquoi près d’une mosquée ? D’abord parce que nous aimons bien entendre l’appel à la prière du muezzin (de plus, nous devenons experts pour dénicher celles où il n’y a pas d’appel à cinq heure du matin…), ensuite parce que l’accueil de villageois est souvent excellent et enfin parce que qui dit mosquée dit eau. Et l’eau ici, ce n’est pas facile à trouver. Bien sûr, il y a les stations service mais le débit est souvent très très lent… Et puis, dans les mosquées, il y a le tuyau d’arrosage du jardinier pour le réservoir mais il y a aussi les robinets d’eau potable et fraîche pour remplir nos bouteilles.

Et c’est comme ça que le soir même, nous nous faisons accueillir à Al Samha par Muhammad et Khalifa, deux Emiratis qui nous proposent d’aller pêcher avec eux. Nous acceptons volontiers ! Nous voici donc, tous les quatre, dans leur pick-up 4X4 en direction de la côte. Nous nous installons dans leur barque et assistons  à la mise à l’eau du filet. Pendant que le filet est dans l’eau, Mohammad entreprend de nous expliquer les souvenirs de pêche qu’il a de son enfance… Ensuite, on ramène le filet et nous sommes ébahis de voir que la pêche a été si bonne. Nous sommes aussi étonnés de voir Khalifa se débrouiller si bien malgré sa longue robe blanche. A côté, nous sommes bien gauches ! Silvio et Nicolas aident Mohammad et Khalifa à sortir les poissons des filets mais ne remportent pas un franc succès ! Nos hôtes nous reconduisent à Baloo en pleine nuit en nous offrant de nombreux poissons. Nous sommes fatigués mais hyper contents d’avoir vécu une telle expérience et ravis aussi de pouvoir manger du poisson frais !

Le lendemain, nous sommes un peu moins ravis d’avoir à nettoyer et à cuisiner tous les poissons. Vu la taille de notre frigo et la chaleur dehors, il faut faire vite afin de conserver au mieux nos futurs repas…

Nous reprenons ensuite la route vers Abu Dhabi et passons par les îles. Nous vous avons expliqué plus haut que rien ne semblait impossible dans ce pays. Aussi, pour permettre aux habitants de gagner une demi-heure de route, une nouvelle autoroute vient d’être réalisée et est constituée d’une succession de ponts passant d’îles en îles et atteignant Abu Dhabi en passant par la mer. Cet itinéraire nous a été conseillé par nos hôtes pécheurs. Pour la première fois, le championnat de Formule 1 a lieu à Abu Dhabi. Pile quand nous y arrivons !!! Donc, des milliers de touristes en plus et une circulation très dense annoncée. Comme cet itinéraire est tout nouveau, nos hôtes ont supposé, avec raison, qu’il ne serait pas trop couru. Merci à eux pour la soirée de pêche et leurs conseils avisés.

Nous nous garons sur le parking du Marina Mall où nous trouvons un « Carrefour » pour nos courses et de l’Internet. De plus, il y a quantité de taxis ce qui nous permet d’explorer la ville facilement. En soirée et le lendemain matin, lorsque le parking se vide pour la nuit, nous attirons quelques curieux, le plus souvent bien sympathiques. C’est ainsi que nous rencontrons Uli qui vient d’Allemagne et que nous reverrons probablement plus tard lorsque nous visiterons l’oasis de Liwa. Nous rencontrons également Khalifa (un autre qui ne pèche pas) qui est policier. Il se demande ce que nous faisons là et est un peu ennuyé car une partie du parking du Mall a été réquisitionné pour parquer les véhicules des personnes venues admirer les coureur de F1. Lorsque nous lui expliquons notre voyage, il est sous le charme. Il trouve merveilleux que nous soyons venus visiter son pays et que nous passions tant de temps avec nos enfants. Il nous explique plus tard que lui a été très vite livré à lui même avec des parents qui se préoccupaient peu de ce qu’il faisait. Khalifa deviendra un allié ! Non seulement nous pouvons rester sur le parking mais en plus, lorsque nous avons besoin d’un taxi, il n’hésite pas à en arrêter un, à faire sortir les gens qui s’y trouve afin de nous faire monter !

A Abu Dhabi, nous visitons l’Emirates Palace, un hôtel de luxe qui se trouve aussi être le plus grand du monde et celui qui possède le plus grand nombre de dômes. Nous adorons nous balader là où les plus riches se promènent pour nous imaginer un court instant avoir les mêmes moyens financiers… Mais surtout pas le même air supérieur que certains… Nous nous promenons aussi à l’Emirates Heritage Village ce qui nous permet de voir des artisans au travail : cuir, bois, verre, savons, cuivre, … Autant de matières sculptées, gravées, tannées, … Nous visitons encore des habitations bédouines et admirons une collection de dhows (bateaux de la région construits en bois) miniatures. Nous nous promenons dans le musée et apprenons à reconnaître les différents types d’armes utilisées dans le pays. Bref, nous passons un agréable moment. Ce qui est formidable, pour nous belges, c’est que toutes ces visites sont gratuites et qu’en plus, nous avons une paix royale. Pas de plages bondées, pas de sites où il y a file, pas de bousculades, pas de harcèlement dans les souks, aucun sentiment d’insécurité,…

Si Khalifa nous trouve des taxis, il n’a malheureusement pas le pouvoir de demander aux gens de faire moins de bruit. Ici, on vit la nuit et, il suffit que nous nous mettions au lit pour que quelqu’un décide de venir faire du bruit ! Quad, engins téléguidés, conversations entre amis, … En plus, les gens se garent sur les parkings sans éteindre leur moteur pour pouvoir discuter des heures tout en profitant de leur fameux AC, bienvenu même la nuit. Nous quittons donc Khalifa et le Marina Mall pour un parking à l’autre bout de la ville. Nous nous y rendons pour visiter le parc Khalifa (c’est un nom très courant ici…) où les enfants feront du cuistax et surtout la grande mosquée Sheikh Zayed. Il s’agit de la troisième plus grande mosquée du monde. Comme nous arrivons un vendredi, nous ne voyons pas grand-chose mais ce que nous percevons nous donne envie de revenir le lendemain car cette mosquée est absolument splendide. Alors que je m’en suis sortie en Iran avec un simple voile, me voici à porter  l’abaya et le voile noir pour la visite… Mais, aucun regret. C’est un des plus beaux bâtiments que nous ayons vu de notre vie… De retour sur le parking, nous revoyons Rachid que nous avions déjà vu hier. Il souhaite nous inviter mais comme nous partons vers Al Ain, nous déclinons son offre à regret. Du coup, il offre un couteau multi fonction à Silvio et un cerf-volant aux enfants.

Nous bivouaquons dans le village d’Al Khatim où nous sommes à nouveau très bien accueillis. Un jordanien nous laisse utiliser son WIFI, un commerçant syrien nous offre des boissons fraîches, le gardien du centre médical d’en face nous propose du thé et la mosquée nous fournit de l’eau. Nous essayons d’avancer un peu dans le programme scolaire mais ce n’est vraiment pas évident. Il y a toujours un des enfants qui n’a pas envie, qui a trop chaud, qui est trop fatigué, qui trouve le paysage plus intéressant que sa feuille, … c’est un véritable challenge de faire travailler nos héritiers !

Le lendemain, nous atteignons Al Ain par une route en excellent état, bordée de palmiers sur toute sa longueur afin d’éviter que le sable du désert ne la recouvre. Le tout est généreusement irrigué bien sûr, en partie par les eaux usées qui ont préalablement été traitées, en partie par de l’eau de mer tout droite sortie des usines de désalinisation. Après l’école, nous visitons le zoo. Il est superbe et a le projet de protéger l’oryx d’Arabie (en voie de disparition à l’état sauvage) et de permettre à cette espèce de se reproduire avant d’être réintroduite dans son habitat naturel. On y trouve également des lions, des tigres, des crocodiles, des panthères, … On les voit de très près car juste une vitre nous sépare. Un tigre va même trouver Romane à son goût et se frotter contre elle par vitre interposée. Le soir, nous assistons à un show de rapaces, dont le faucon, emblème du pays. Il y a très peu de monde et une fois encore, le prix est dérisoire. Le parc est magnifique et superbement entretenu.

Au jour 111, nous retrouvons Khalifa, notre policier qui travaille à Abu Dhabi et que nous avions rencontré sur le parking de Marina Mall. Comme il est de la région, il nous avait fait promettre de le contacter lorsque nous passerions ici. Il nous rejoint sur le parking du zoo après sa nuit de travail et sa journée à dormir et nous invite à manger chez lui. C’est ainsi que nous rencontrons sa femme et huit de ses dix enfants ! A noter que Khalifa est quelques mois plus jeunes que nous et que sa femme n’a que trente-deux ans !  Il nous conseille de passer sur le Jebel Haffet, point culminant des EAU à 1300 mètres, ce que nous faisons le lendemain. La vue est superbe et surprenante car nous sommes vraiment sur un pic rocheux. Partout aux alentours, c’est plat ! D’un côté, nous avons vue sur l’oasis d’Al Ain et sur ses guirlandes de lumières une fois la nuit tombée et de l’autre, à perte de vue, nous voyons le Rub al Khali, désert de dunes s’étirant sur une bonne partie du territoire le l’Emirat d’Abu Dhabi et du royaume saoudien.

Au jour 113, nous quittons une première fois les EAU pour découvrir le Sultanat d’Oman…

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21 octobre 2009

Bilan Iranien

Comme vous avez pu le lire, notre séjour iranien fut intense et très riche. Nous avons fait notre petit bilan avec ce que nous avons aimé et ce que nous avons aimé un peu moins voire pas du tout.

Romane : + Dormir et manger chez des gens et nager dans le Golfe Persique.

                 Moins : Traverser les rues et la saleté.

Nicolas : + L’accueil des gens et nager dans le Golfe Persique.

                 Moins : Les villes, traverser les rues et les motos même dans les souks.

Françoise : + L’accueil des gens, les vieilles villes et les paysages.

                    Moins : La présence excessive des militaires et de la police, la saleté et les motos à toute heure.   

Silvio : + L’accueil et les paysages grandioses.

             Moins : La présence trop forte des militaires et de la police.   

L’accueil était à ce point exceptionnel qu’il nous est arrivé de nous garer pour bivouaquer le long de la route juste pour être certains de ne pas nous faire inviter. Bien sûr ; nous adorions ça mais il nous fallait absolument pouvoir donner de temps en temps les heures d’école. Donc, voilà, c’est pour dire à quel point les gens sont merveilleux en terme d’hospitalité…

Au sujet du voile, maintenant. Bien sûr, il est absolument obligatoire, même pour les touristes. Il n’y a pas le choix. Cependant, et pour l’avoir porté durant un mois, je peux dire que ce n’est pas la fin du monde. Il permet d’éviter le regard des hommes sur vous et je dois dire que je me suis sentie bien plus à l’aise en Iran qu’en Turquie de l’Est, par exemple ou que jadis en Tunisie. Bien sûr ; cuisiner avec quand la porte de Baloo est ouverte est un risque d’incendie au début tant on est gauche. Evidemment, lessiver à la rivière avec le voile rend le voile aussi trempé que ce que vous avez lavé. Mais voilà, c’est ainsi et on s’habitue. Par contre, le long du golfe Persique, il me rendait folle tant il faisait douf dehors…En ce qui concerne les iraniennes, nous avons eu l’occasion de discuter avec plusieurs d’entre elles et elles nous ont affirmé que le port du voile leur avait octroyé une plus grande liberté, aussi paradoxal que ça paraisse. Les hommes leur laissent plus de liberté lorsqu’elles sont voilées et le voile permet à de nombreuses filles d’avoir l’accord de leur père pour, par exemple, fréquenter l’université. Les femmes portent soit un voile hyper léger mis vaille que vaille, soit un tchador noir ou coloré. Il y en a pour tous les goûts…

Alors, je ne peux résister à l’envie de parler des WC pour informer une personne qui  m’est chère. Il s’agit de toilettes dites à la turque. Quand on voit les couches que mettent les femmes d’ici, les tchadors, … on se demander comment elles se débrouillent. Mais le plus drôle, c’est qu’il n’y a jamais de papiers (pas même dans les restaurants ou dans le ferry). Par contre, il y a un tuyau d’eau qui permet de se nettoyer. Rien pour s’essuyer, cependant. Nous avouons, nous n’avons pas essayé ; nous avons préféré emmener notre rouleau de papier WC.

Nous vous expliquerons notre arrivée aux Emirats prochainement…

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Dernieres photos d'Iran

Un second album avec les photos d'Iran sont en ligne...

Profitez-en bien.

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20 octobre 2009

Photos d'Iran

Les premieres et nombreuses photos d'Iran sont en ligne...

Vu la duree de chargement, je mettrai les autres plus tard :-)

Pour Opera 11, non, nous n'avons pas pense qu'on pourrait nous prendre Baloo... De toute facon, nous avions les clefs et nous avons aussi un sommeil hyper leger. Vu l'immense gentillesse des gens, il nous aurait ete impossible de penser a mal. Faut le vivre pour le croire, tu sais...

A tres bientot.

Posté par Le scrap du ry à 16:22 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Iran 3

Nous revoici…

Alors, après avoir quitté les bergers et nous être régalés, nous avons pris la route vers une perle : Isfahan. Nous sommes passés voir la mosquée que les bergers nous ont renseignée sur le chemin, une des plus belles d’Iran mais dont notre guide ne parlait même pas. Sur la route, nous avons pris du fuel et ça a fonctionné à merveille. Là où nous sommes sciés, c’est quand on voit que de nombreuses personnes connaissent et situent la Belgique mais savent en plus que Bruxelles en est la capitale. Franchement, chapeau !

Arrivés à Isfahan, nous trouvons une place tout près de la place de l’Imam. Nous flânons et visitons ses deux mosquées. Des gens nous accostent en français, sous prétexte d’entretenir leur connaissance, mais ce sont en fait des marchands de tapis. Leur comportement n’a heureusement rien à voir avec les marchands de tapis du Maghreb ou, dans une bien moindre mesure, de Turquie. D’emblée, nous leur expliquons que nous n’achèterons rien et en donnons les raisons. Ils nous offrent le thé malgré tout et, lorsque nous les reverrons le jour suivant, ils seront très gentils et prompt à prendre de nos nouvelles. Nous rentrons par le quartier des artisans, là où bon nombre d’objets vendus aux touristes sont fabriqués. Nous voyons donc l’autre Isfahan, celui où peu de gens se promènent. Certains artisans nous invitent à observer un peu leur travail du verre, de l’étain et du cuivre, leur peinture, la fabrication du nougat local (excellent !)… Nous rencontrons quelques touristes dans la ville mais très peu nombreux et toujours en groupe, à l’exception d’un couple français qui a organisé son voyage lui-même. Ils rêvent d’un jour voyager avec leur propre véhicule et nous prenons plaisir à discuter avec eux des avantages et des inconvénients de la formule. Le soir, nous ressortons admirer la même place éclairée. On rentre dans Baloo et on se couche mais, vers une heure du matin, on frappe à la porte. La police ! On soupire, on se rhabille… En fait, ces messieurs se disent inquiets pour notre sécurité et nous demandent de les suivre. A-t-on le choix ? Bien évidemment, nous ne trouvons aucune langue commune pour nous exprimer. Les enfants sont inquiets et se demandent si nous allons passer la nuit au poste. En fait, ils nous conduisent bien plus loin du centre mais dans un grand parc très bien entretenu qui accueillent également les campeurs (nous avons vu beaucoup d’Iraniens visiter leur pays en tente qu’ils plantent dans des parcs). Ils sont contents d’eux. Nous, nous sommes soulagés. Une fois encore, nous avons rencontré cette fameuse police iranienne mais, une fois encore également, nous avons été très bien traités.

Le lendemain, toujours à Isfahan, nous visiterons le palais Sehel, la Mosquée du Vendredi et nous baladons le long du fleuve afin d’admirer les ponts. Nous traversons aussi le bazar près du quartier juif et, fait assez rare pour être mis en évidence, nous parvenons à y rester deux heures sans jamais nous faire enquiquiner. Tout au plus, on nous demande d’où nous venons. Nicolas et Romane se font souvent caresser les cheveux à cause de leur couleur plus claire (surtout dans le cas de notre blond Nicolas). Ils commencent à y être habitués. Des motos grouillent partout et à vive allure dans ce bazar, rendant ce dernier assez dangereux mais cela n’inquiètent nullement les parents iraniens qui laissent y trainer leurs enfants seuls dès leur plus jeune âge. Nous nous faisons accoster en anglais mais aussi et allemand et en français pas des personnes intéressée par notre projet. Nous rencontrons notamment un jeune afghan qui nous parle de son pays. Tout cela et très intéressant. Certains nous demandent s’ils peuvent nous photographier ou se faire photographier avec eux. Alors que nous mangeons, nous faisons la connaissance d’un étudiant d’une école coranique. Il nous aborde directement en français et fait des photos avec nous. Il est plein d’humour et cela contraste avec son air austère et ses vêtements sérieux. C’est un plus pour nous de rencontrer ce genre de personne aux abords assez inaccessible et de se rendre compte que finalement, il connaît aussi le foot, il a également des examens et connaît les stress de l’échec, se pose des questions d’ordre politique sur le devenir des son pays, etc.

Au jour 80, nous quittons Isfahan pour Yazd.

Encore un plein d’essence et toujours aucun soucis. Nous cherchons un bivouac et pensons avoir trouvé. Deux jeunes nous disent que le bivouac n’est pas super et nous demandent de les suivre. Ils nous emmènent à l’entrée de leur village. Nous nous installons pour l’école quand d’autres jeunes viennent nous parler. Ils veulent nous inviter mais nous refusons poliment car nous commençons à accumuler du retard sur le plan scolaire. Entre les visites, les policiers, les invitations, les rouspétances très nombreuses des enfants et l’intendance, il est parfois difficile de venir à bout de nos deux heures de cours. Par contre, ils insistent pour que Silvio aille voir leur jardin. Il y va donc, espérant que je puisse commencer les cours. Raté ! Une famille arrive très rapidement pour également nous recevoir chez elle. Je tente d’expliquer que mon mari est parti et que je dois l’attendre. Sil revient avec des kilos de pistaches cueillis directement sur l’arbre car le jardin en question est en fait un verger. Un des jeunes vient d’une famille ayant de nombreux terrains et assez d’argent pour avoir pu engager deux travailleurs afghans. La famille qui attend est en fait sa famille à lui, venue insister pour nous inviter après que le jeune eut expliqué notre refus. Nous acceptons donc, nous ne savons faire autrement. Nous voici dans une grande maison à manger tout seul, eux ayant déjà pris leur repas ! Les parents nous convient à une fête mais comprennent que je ne suis pas bien et nous laisse rester sans eux. Cependant, les jeunes nous quittent aussi car ils partent cette nuit en car à Téhéran pour assister à un match de foot demain. Bref, nous voici seuls avec un de leur oncle qui se coupe en quatre pour nous servir des choses que bien sûr, nous ne demandons pas. Nous dormons chez eux et passons une très bonne nuit, bien plus au frais que dans Baloo qui chauffe gravement dans cette partie du pays située en bordure d’un désert sans vie aucune. A cinq heures du matin, nous nous faisons réveiller par l’imam da la mosquée située juste à côté de la mosquée. Les chants durent d’autant plus longtemps que nous sommes vendredi, jour saint des musulmans. Ca c’est de l’exotisme, n’est-ce pas ?

Bien sur, impossible pour eux de nous laisser repartir sans avoir pris le petit-déjeuner au cours duquel les enfants se régalent et de nombreux villageois viennent nous saluer, dont Fatime, une cousine de la famille qui parle super bien anglais et qui décide de nous prendre sous son aile.

Fatime nous fait voir une vieille maison typiquement iranienne de sa famille, avec des jardins et du mobilier en bois, des cheminées d’aération et toute une série de vieux outils utilisés en cuisine. Ensuite, nous découvrons la ferme familiale et le bébé dromadaire. Elle nous conduit par après à une mosquée désensablée il y a peu. Nous y allons en voiture et c’est le garçon de treize ans qui conduit, y compris sur les routes hors du village. Ils se débrouillent très bien ! Personne ne possède la clef pour entrer sur le site mais un gamin escalade les grilles et nous ouvre de l’intérieur. Ils connaissent super bien les lieux et nous sommes tout paf de nous retrouver là, dans un lieu rendu secret par les sables du désert. Cet endroit est splendide ! Fatime nous conduit ensuite chez elle où nous sommes conviés à manger et à dormir… Sa famille nous traite comme des princes. Impossible de les aider à faire quoique ce soit. La maman cuisine pendant des heures un repas iraniens en notre honneur et s’excuse encore qu’elle a du faire vite ( !) et qu’elle n’a pas réussi à faire quelque chose de délicieux. Nous, nous nous régalons. Pour une fois, nous voyons une table et des chaises mais la table ne sert qu’à poser des choses dessus et les chaises à décorer. Personne ne s’en sert et nous mangeons par terre, assis en tailleur, sur des tapis. Les gamins de la famille vont chercher on ne sait où une PS2 pour occuper Nicolas et Romane. Ils téléphonent à tout le village pour signaler notre présence à ceux qui n’ont pas encore vu Baloo. Nous organisons une visite selon la coutume locale, c'est-à-dire en deux groupes distincts, hommes et femmes. Le soir, nos enfants et les leur sont complices, tirent à la carabine à plomb et jouent à différents jeux. En parlant, Silvio explique qu’il joue de la guitare. Evidemment, ils veulent entendre la musique de Silvio. Ils sont ravis à un point tel qu’ils repassent des coups de fil et invitent tout le village à écouter Silvio le soir. Le voilà donc à faire un concert privé à un groupe d’hommes et de femmes en tchador. Une des femmes joue de la cithare et s’y met aussi timidement. Des hommes dansent, le thé et les pastèques tournent entre les gens. Quelle bonne ambiance… Lorsque les gens partent, deux messieurs arrivent. Ce sont des musiciens iraniens venus juste pour nous faire écouter quelque chose de chez eux. Une flute et un instrument à corde dont Silvio a joué et dont nous avons oublié le nom. Super !!!

Le soir, nous dormons chez eux et le lendemain, nous mettons un  temps fou à décoller. On partage les photos prises, Romane qui admire les tchadors de Fatime et de sa sœur Ediyeh se voit en offrir un, on prend de l’eau, on reçoit des pastèques (tiens, tiens…) et des œufs de leurs poules et enfin, on échange nos coordonnées et on se dit adieu. Si nous revenons en Iran un jour, plusieurs familles se disent prêtes à nous recevoir, dont celle-ci, qui a été extraordinaire à tout point de vue.

Nous nous rendons à Yazd, célèbres pour ses tours du vent permettant d’aérer les maisons d’une des régions les plus chaudes du pays. Yazd est aussi le lieu où les zoroastriens se sont réfugiés quand ils ont été ‘chassés’ de leurs terres par les musulmans. Tout près de Yazd, on peut voir des tours du silence. Ces tours sont situées à l’écart de la ville car c’est là que les pratiquants zoroastriens plaçaient les cadavres de leurs morts en vue d’un décharnement pas les vautours et ceci dans le but de n’enterrer aucun déchets humains. Bien sûr, ces pratiques sont aujourd’hui interdites. Nous bivouaquons près d’une de ces tours (Cham), au pied d’un village en ruine et aux portes du désert. Les enfants sont ravis et ont une immense pleine de jeux…

Malgré tout, la police et les militaires iraniens sont partout et c’est ainsi que nous nous faisons réveiller peu avant sept heures le lendemain. Ici, se lever à sept heures, c’est faire la grasse matinée ! Des militaires nous demandent nos passeports. Cela se reproduit plusieurs fois et ce sont toujours des militaires différents. Nous voyons ensuite arriver un régiment de plus d’une centaine de soldats venus s’exercer pour leurs exercices. Pile ici !!! On voudrait le faire exprès que nous n’y arriverions pas ! Ils n’ont plus le temps de nous faire partir et, bien sûr, ils ne s’imaginaient pas trouver un véhicule étranger à cet endroit. Nous assistons à leurs exercices, à leur repas, à leur prière, … Impressionnant ! Le pays est bien gardé ! D’ailleurs, à ce propos, nous avons vus beaucoup de canons prêts à parer à une éventuelle attaque aérienne. Bref, nous sommes bloqués là, d’autant qu’ils s’exercent aussi aux tirs et que nous ne souhaitons pas faire les frais d’une balle perdue. Une multitude de contrôle plus tard, nous avons l’autorisation de partir. Le plus drôle, c’est que les groupes venus avec des agences ont ces tours du silence dans leur programme de visite. Nous avons également trouvé les sites zoroastriens très intéressants. Par contre, les gens d’ici ne savent pas trop de quoi il s’agit et cela quel que soit le niveau d’études suivi. Les militaires ne comprennent pas non plus ce que nous trouvons de beau à cet endroit. Evidemment, ils ont l’habitude mais pour nous, habitués au ciel gris, aux façades de briques et au plat pays, c’est autre chose !

Nous nous dirigeons vers Shiraz. Nous voulons prendre du carburant mais il n’y a pas de diesel à la pompe. Un camionneur veut siphonner son réservoir pour nous aider. Nous refusons car, comme expliqués plus haut, nous n’attendons jamais d’être à sec et pouvons arriver à la station suivante. Il y tient quand même, siphonne et nous offre cinquante litres. Il veut être certain que nous ne tomberons pas en panne…

On découvre Nasq-e-Rostam où des tombes sont placées au centre de grandes croix creusées dans la montagne et à vingt-cinq mètre du sol. Il commence à faire horriblement chaud et l’ombre se fait très rare. Ensuite, nous atteignons le site de Persépolis, très bien conservé. Il y a encore énormément de bas-reliefs en état et nous y restons plusieurs heures. Nous sommes aussi rassurés car depuis plusieurs jours, nous n’avons plus de rials. Nous n’avons nulle part trouvé de banques pouvant nous changer des dollars et ce n’est pas faute d’essayer. Il y avait bien un change à Isfahan mais nous avions encore du liquide et n’avions pas de dollars sur nous. Heureusement, à la librairie de Persepolis, ils acceptent de changer à un taux très honnête. Nous avons dormi près du site et avons évidemment rencontré la police…

Au jour 85, nous sommes à Shiraz. C’est un peu la course car nos visas ne sont que d’un mois et comme vous l’avez lu, on ne rigole pas avec les formalités. Sans quoi, nous aurions visité la plaine turkmène au nord avant de pointer plein sud. A Shiraz, nous visitons principalement les jardins et le tombeau d’Hafez. Nous nous faisons offrir un thé par un passant qui aime bien la Belgique !

Nous devons arriver à Bandar-e Abbas pour notre shipping et décidons d’y arriver en longeant la côte, vu que nous n’avons déjà pas découvert la Caspienne. Les paysages de montagnes et de désert sont absolument splendides. Par contre, une fois redescendus de nos plateaux désertiques et des montagnes (jusqu’à deux mille cinq cents mètres quand même), nous réalisons notre erreur. Même en octobre, sur le golfe, il fait torride. Des quarante degrés et une humidité extrême. Ils n’ont que trois à cinq jour de pluie par an mais l’évaporation de l’eau de mer est énorme. De plus, Pas de shorts, pas de courtes manches pour moi et le foulard.

Sur la route de Bandar-e-Busher, c’est au tour de notre Romane d’être malade. Comme Nicolas en Turquie, elle chauffe à trente-neufs, vomi, à mal au ventre et passe ses journées aux toilettes. Notre eau est toujours désinfectée ou filtrée systématiquement mais comme nous sommes souvent invités, elle a pu se contaminer. Nous roulons donc beaucoup pendant quarante-huit heure ce qui nous permet de rafraîchir Baloo avec le ventilateur (prise allume-cigare) et d’offrir un minimum de confort à Romane. Les routes iraniennes sont très bonnes dans l’ensemble et nous avançons bien. Après deux jours de températures, de douleurs et de massages d’huiles essentielles, les microbes sont évacués et Romane remange comme un ogre.

Les gens sur le golfe sont très gentils aussi. On cherche de l’eau (beaucoup plus rare qu’ailleurs) et on nous en donne deux cents litres dans une station-service. Là, un camionneur nous propose spontanément sa carte fuel au cas où. Il ne nous manque que cinquante litres. Il nous les offre en même temps qu’un Cd de musique folk iranienne.

Une fois Romane guérie, nous nous arrêtons à Bandar-e-Kangan afin de se poser un peu et pour permettre aux enfants de profiter de la plage et de la mer. C’est super beau. Le désert et les dromadaires d’un côté et la mer de l’autre. Par contre, pour ce qui est de se rafraîchir, c’est raté !!! Personnellement, je ne nage pas. Etre dans l’eau habillée et avec le voile ne me tente pas. Les enfants et Silvio y font en maillot et pantalon. L’eau est à plus de trente-trois degrés. On croirait rentrer dans son bain !

Sur la plage, un groupe de femmes accompagnées d’un chaperon homme m’aborde alors que le reste de la famille se baigne. Elles sont parées de bijoux et portent plein de couleur et des vêtements typiques des habitants du golfe persique. Elles font connaissances avec moi quelques minutes et nous invitent ce soir à une fête de mariage. Elles repassent nous chercher quelques heures plus tard avec un gros quatre-quatre climatisé et nous font déplacer Baloo jusqu’au village afin que nous puissions reprendre de l’eau.

Nous assistons donc à une soirée fabuleuse. Il y a plein de gens, les mariés nous accueillent, on reçoit à manger, les gens sont bien habillés, ils fument la pipe, … Romane et moi gardons un souvenir pendant quelques jours : nos mains ont été décorées au henné par Hoda et par sa sœur. En partant, on reçoit quelques souvenirs et un petit mot où s’inscrit le plaisir que les filles de la famille ont eu à nous recevoir. On repasse les saluer le lendemain avant de quitter les lieux et faisons le plein d’eau. On boit une boisson fréquente ici, à base d’une poudre de fruit. Les enfants aiment. Les grands aussi. Du coup, on reçoit tout le paquet de poudre !

Il y a vingt pas entre chez eux et Baloo mais le chef de famille nous reconduit en quatre-quatre et sort de son coffre des bouteilles d’eau et plusieurs paquets de chips et de biscuits pour chacun d’entre nous (je vous ai dit que les chips semblaient être l’aliment le plus facile à trouver dans le pays…). Le tout comme ça, juste pour nous faire plaisir…

Peu avant Bandar-e-Lengeh, nous bivouaquons et sommes à nouveau invités. Cette fois, il s’agit de la famille de Massoud, beaucoup plus pauvre et vivant dans un hameau. Le plafond et les murs de la maison sont fort abimés mais ils ont l’air conditionné que nous n’avons pas dans Baloo. Pour nous, c’est donc le grand confort. C’est une famille très rude mais, une fois encore, on cuisine pour nous et on passe une soirée bien typique. On en profite d’autant plus, de ce moment de pur bonheur, que ce sera probablement le dernier L.

Nous nous sommes arrêtés le lendemain à Bandar-e-Lengeh où, selon nos différents hôtes, il était possible de prendre un ferry vers les EAU. Nous trouvons la compagnie et prenons nos renseignements. Ce serait bien, nous gagnerions deux cents kilomètres de route et près de la moitié du trajet en mer. Malheureusement, la liaison existe mais seulement pour les personnes, pas pour les véhicules. Par contre, le responsable nous dit qu’il y a une navette mercredi mais qu’il faut arriver mardi matin en vue de faire les formalités. Nous sommes lundi… Nous avions prévu de quitter samedi mais comme le bateau ne quitte le port qu’à vingt-deux heures et qu’il s’agit de notre dernier jour de visa, il est plus prudent d’essayer d’avoir le ferry de mercredi. La route est truffée de contrôle de police. Il fait toujours torride.

Nous arrivons à Bandar-e-Abbas fin d’après-midi. Nous avons du mal à trouver la compagnie qui ne se situe pas sur le port. Nous demandons et un monsieur prend sa voiture et nous indique de le suivre. Il nous y emmène à l’autre bout de la ville. C’est fermé mais nous avons obtenu à Lengeh le nom du responsable et il sera là demain à huit heures. En attendant, nous prions que nous puissions embarquer car nous n’avons pas de quoi payer ! En effet, nous avions prévu des dollars et des euros mais n’en avons plus assez à cause de nos soucis à la frontière. Or, aucune banque n’accepte visa. Malheureusement, la compagnie de shipping non plus. Et ça, ça nous achève car les marchands de tapis d’Isfahan, eux, l’acceptaient !!!

Silvio explique la situation : la fin prochaine du délai de séjour, le fait que si nous prolongeons nos visas (aisé pour des visas de tourisme), nous devrons remonter tout le pays (ben oui, à l’ouest, c’est l’Irak ; à l’est le Pakistan ; au nord-est, l’Afghanistan et au nord le Turkménistan qui serait envisageable si l’hiver n’était pas aux portes de l’Asie centrale) et passer par Téhéran chercher des nouveaux visas, retourner en Turquie pour redescendre via la Syrie, … On demande à payer une partie aux EAU où visa est accepté. Le responsable accepte !!! Yes !!! On paye pour nous ici et on payera aux EAU pour Baloo !!!

L’homme nous aide dans toutes les démarches et ce gratuitement parce que Dieu lui demande d’aider son prochain. Et des démarches, il y en a pour deux jours ! Des heures et des heures où Silvio se farcit des bureaux, des papiers, des tampons et où nous, nous nous déshydratons dans le camion ! Il y a bien un terminal climatisé mais l’ennui, c’est que nous ne pouvons rien prévoir car on nous appelle continuellement. Sans le responsable de la compagnie, je me demande comment nous aurions fait. Bien sûr, nous sommes les seuls avec un véhicule et les seuls à n’être ni iraniens, ni émiratis.

Le grand moment arrive enfin ! Après que de containers aient été chargés dans le ferry, c’est autour de Baloo. Moi, je voulais filmer, du coup, quand j’arrive à l’émigration avec les enfants, toit le monde a fini et je trouve porte close. Notre fidèle responsable me fait rentrer et demande à Silvio de rentrer aussi pour les ultimes démarches. Nous passons rapidement mais Silvio ne sait plus ressortir pour terminer de rentrer Baloo dans le ferry. Un ouvrier le voit et va faire comprendre aux autorités que Silvio doit absolument sortir. Nous sortons donc les premiers mais on ne me laisse pas filmer, nous devons monter et nous installer. Le ferry est moche, les sièges abimés, sales, … Nous sommes déçus. Rien à voir avec les ferries qui traversent la Manche.

Silvio arrive. Nous sommes rassurés et profitons de l’air co. Nous souhaitons aller voir le départ sur le pont extérieur mais on sert quelque chose à manger. Nous restons donc et mangeons mais les enfants n’aiment rien, malgré le choix. Heureusement, nous avions prévu et les avions fait manger dans Baloo avant d’embarquer.

A peine le repas avalé, les gens se couchent et on éteint la télé. Chacun s’approprie une rangée de siège car le ferry est peu rempli. Les enfants s’endorment et passent une bonne mais courte nuit. Silvio somnole un peu en vue des démarches à affronter demain. Moi, en bonne travailleuse de nuit ( !?), je veille sur mes enfants. Du coup, le responsable sur le bateau vient papoter et me sert un verre de coca. Plus tard, Silvio nous rejoint et parle avec nous, on lui montre Baloo, on récupère des caisses pour nos rangements intérieur, … La nuit passe ainsi. A cinq heures, il est temps de prier. Les GSM sonne l’alarme, les gens se réveillent, font plein de bruit et réveillent nos enfants. On déjeune à sept heures et nous arrivons à Sarjah vers onze heures.

Sarjah, c’est une des Emirats Arabes Unis et c’est aussi le début d’une autre histoire…

A très bientôt et surtout, n’hésitez pas à nous laisser des commentaires sur ce que vous pensez de nos textes, de notre voyages et sur vous. On pense à vous et nous aimerions savoir comment voua allez, si vous n’avez pas froid, si vous n’êtes pas malades, …

Par avance, merci.

Posté par Le scrap du ry à 15:05 - Asie - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Iran 2

Voici la suite, une fois passés Karaj…

Nous sommes au jour 72 et, une fois restaurés, prenons la route vers Qom. Sur cette route, nous faisons notre premier plein de fuel sans carte car celle achetée à la frontière est vide. Alors, on arrive et on montre notre carte à un camionneur ou à un chauffeur de bus roulant également au fuel. On lui fait comprendre (plus dur) que cette carte est vide. Une fois sur deux, il nous demande d’où nous venons. Quand on répond que nous arrivons de Belgique, nous sommes pris en charge avec le sourire, le camionneur ou le chauffeur nous fait passer sur sa carte et nous ne lui remboursons que la différence entre son plein de fuel et le notre. Ca prend cinq minutes et ça revient à un euros quarante-deux pour cent dix-huit litres (oui, nous savons que ça doit un peu vous dégouter, ha, ha… C’est ça aussi, le voyage !). Evidemment, comme nous sommes dépendants de la générosité des gens, nous n’attendons jamais d’avoir vidé un des deux réservoirs pour le remplir. De plus, il faut savoir qu’avant Tabriz, les litres sont plus contrôlés et limités afin d’éviter ou de diminuer le trafic entre l’Iran et la Turquie voisine. Bref, nous sommes tout contents d’avoir compris quelque chose !

Pour l’eau, les sources sont nettement plus rares qu’en Turquie mais on trouve toujours. De plus, quand nous sommes invités (et vous verrez plus tard que ce fut plusieurs fois le cas), les gens nous couvent et ne nous laissent repartir que lorsqu’ils sont assurés que nous n’avons plus besoin de rien.

Nous rencontrons de policiers ravis d’exercer leur anglais et très sympas ainsi qu’une dame qui vient vers nuit pour nous offrir une assiette remplie de fruits.

Qom est une ville religieuse et une ville de pèlerinage. Il s’y trouve une superbe mosquée interdite aux non-musulmans (lieu sacré oblige) mais splendide de l’extérieur également ainsi que de nombreuses médersas. Relation de cause à effet, il n’y a que des tchadors noirs et énormément d’hommes en turban et avec barbe. Nous constatons aussi qu’il est presque impossible de traverser dans la ville sans risque de se faire tuer ! Que le feu soit vert, qu’il y ait ou non un passage clouté, c’est la folie ! Des infractions sont même commises devant les policiers qui ne réagissent pas. Pour cause, ils conduisent aussi mal et ne sont là que pour nous contrôler. Sur la fin, ils nous feront tourner sots ! Mais ça, c’est une autre histoire et je vous la raconterai plus tard.

Après avoir mangé dans un fast-food (histoire de trouver de la ‘viande’), nous quittons Qom afin de bivouaquer hors de la ville. Nous trouvons un endroit qui nous plait près des montagnes et surtout, près d’une source. Très vite, des Iraniens arrivent et nous font comprendre que nous sommes fort proches d’une base militaire et qu’il serait mieux de les suivre. Ils nous conduisent un peu plus loin afin de dormir sans soucis.

Le lendemain, il nous faut quand même rincer une lessive et remplir le réservoir d’eau. Nous retournons près de la base en prenant bien soin de ne pas mettre un pied sur le territoire militaire. Malgré tout, nous nous faisons arrêter par un militaire. Il confirme qu’il n’y a pas de problèmes là où nous sommes. Simplement, il nous a remarqué, il est curieux, il ne comprend pas ce que nous faisons en Iran et il préfère appeler la police pour être certains que nous ne faisons rien de répréhensible. La police arrive donc et nous pratiquons un langage de sourd. Encore une fois, ils ne parlent que farsi. Ils nous emmènent au petit poste tout proche pour des vérifications. Le poste a beau être petit, il y a des barbelés partout, des gardes armés et, bien que Nicolas trouve que ça déchire grave, nous sommes loin d’être rassurés. Nous sommes en Iran, quand même… Ceci dit, les policiers nous proposent de l’eau et des pop-corn et ne sont nullement agressifs. C’est juste une histoire de lieu et d’ambiance générale.

Comme nous ne nous comprenons pas, ils décident de nous amener au grand poste de Kashan. Au moins, c’est dans notre direction ! Nous les suivons donc et parvenons même à rire de toutes les infractions qu’ils commettent sur la route. Nous parquons où ils nous le demandent, soit, exactement à côté d’un panneau ‘Interdiction de stationner et de se garer’. L’Iran est un condensé d’interdits mais ce ne sont jamais ceux auxquels on pourrait s’attendre…

Nous rentrons et nous asseyons près d’une dame en tchador, qui, nous le pensons a commis un quelconque crime. Plus tard, nous comprenons qu’elle fait partie de la police et que son rôle est de questionner et e fouiller les femmes qui refuseraient d’être prise en charge par un homme. Elle n’a même pas le droit de répondre au téléphone ! Là, nous attendons…

Les enfants commencent à en avoir marre et à avoir faim… Un homme parlant anglais arrive et grâce à lui, la situation avance. En fait, ils sont perplexes à cause de nos passeports belges et suisses mais plus encore à cause de notre visa iranien, pris à Ankara alors que nous aurions pu le prendre en Belgique ou en Suisse. Nous expliquons alors notre mariage, le choix du passeport suisse pour Nicolas et Romane, notre périple, la durée de validité du visa iranien et ses conditions d’obtention et donc, la raison pour laquelle nous avons choisi de le prendre à Ankara. Evidemment, du coup, leur franc tombe et tout va mieux. On nous propose directement de l’eau et un ‘Rani’, boisson à base de pulpe d’oranges que nous adorons et qui nous offre (surtout aux enfants qui prennent enfin des fruits) des vitamines. Le policier parlant anglais se confond en excuse en explique que ni notre famille ni nos nationalités ne posent soucis. Simplement, à cause des tensions internationales, ils deviennent un peu paranos et ils se voient contraint de multiplier les contrôles. Il comprend bien que nous n’avons rien à voir avec le Président français ou la Chancelière allemande et que nous ne pensons pas forcément la même chose qu’eux sur leur pays. Ne sommes-nous d’ailleurs pas en train de le découvrir ?

Après quatre heures d’explications de part et d’autres, nous quittons enfin le poste. Quelle expérience !!! Quel pays authentique !!!

Nous arrivons à Kashan en fin de journée et comme il fait nuit noire à dix-huit heures, nous ne faisons pas grand-chose.

Le lendemain, nous visitons la vieille ville de Kashan et prenons plaisir à nous perdre dans les petites ruelles où se trouvent les vieilles maisons en torchis et en boue séchée. Nous aimons regarder les pains qui cuisent sur la braise et nous mélanger aux locaux. Eux semblent contents aussi et nous offre les pains que nous avons vus cuire. Ils sont encore tout chaud et sont absolument délicieux.

Après une nuit bruyante, nous visitons les jardins de Fin, toujours à Kashan, qui sont des jardins avec de beaux pavillons, de l’eau partout, des plantes, … Le tout très calme et hyper bien entretenu. On a l’impression, entre les murs des jardins, de mieux saisir ce que pouvait être la vie en Iran avant, quand il y avait moins d’interdits. Bien sûr, comme il y a de l’eau, les enfants adorent. Comme c’est splendide, les adultes aiment aussi. Nous y restons donc assez longtemps, histoire d’atténuer les tensions dues à nos heures passées dans les bureaux de police.

Nous roulons un peu afin de sortir de la ville et nous dirigeons vers Abiyaneh, petit village inscrit à l’Unesco. Il s’agit d’un village où le temps semble s’être arrêté à l’époque de sa construction sur les flancs de la montagne. Les toits des maisons font office de terrasse pour les maisons voisines ou permettent d’installer un poulailler ou un pigeonnier (les pigeons, en Iran, sont fort appréciés car ils auraient aidé le Prophète à sortir du désert). Dans ce cas, les habitants accèdent au toit en empruntant une vieille échelle en bois. Autre particularité de ce village, il n’y a plus de tchadors noirs. Tous les vêtements des femmes sont en couleurs et fleuris. Les hommes, quant à eux, portent des chemises sur des amples pantalons gris. Imaginez un peu la beauté du site : nous sommes seuls, les tons sont bleu azur (le ciel), ocres (les maisons) et minéraux (les montagnes) et de temps à autre, des couleurs flottent au gré de la légère brise. Bref, superbe !

Au jour 76, nous restons près d’Abiyaneh et nous ne faisons pas grand-chose. On se repose un peu, on fait l’école, on admire les splendide paysage de montagnes… On a la visite de la police mais ça ne dure pas. Les policiers sont simplement étonnés de nous trouver là. Plus tard, on apprendra par des villageois que nous sommes les seuls étrangers qu’ils voient. D’où la curiosité des habitants et la perplexité des policiers.

En reprenant la route le lendemain, nous prenons de l’eau. Nous sommes aussi  perplexes que les policiers d’hier. Que va-t-il nous arriver, cette fois ? Que du bon ! Nous sommes donc arrêtés au bord d’une route toute droite. A gauche, le désert. A droite, le même désert et un petit aqueduc. Il y a aussi un arbre tout tordu et trois hommes installés sur une couverture et sur des tapis (ici, nous ne voyons jamais de tables ou de chaises de pique-nique, les gens déroulent des tapis, dans le désert, en pleine ville, sur les bords de routes…). Les trois hommes sont curieux, le patriarche nous invite pour le thé dès qu’il comprend que nous sommes belges. Il s’agit d’un vrai thé avec des herbes chauffées dans une bouilloire en fonte posée directement sur les braises d’un feu de bois. Ensuite, on se voit offrir des épis de maïs cuits au feu de bois et des grenades. On apprend à les éplucher sans mettre un temps fou. Ils les salent et les sucres un peu et nos petits adorent. Ouf ! Enfin un fruit vendu ici et qui trouve grâce à leurs yeux.

On remercie et on propose de les quitter. Hors de question !!! Nous n’avons pas encore mangé, nous font-ils comprendre. Nous, nous sommes rassasiés mais soit, on passe un bon moment avec eux, nous restons. Nous dinons avec du riz au poulet, des herbes et du fromage. Arrivent des bergers dans des costumes typiques de la région et des centaines de bêtes. Ensuite, le frère de l’un d’eux se joint à nous pour fumer la pipe. Silvio goûte. Encore un excellent moment. Que de générosité !!!

Vous souhaitez la suite ?

Alors, à très bientôt.

Posté par Le scrap du ry à 15:04 - Asie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Iran 1

Bonjour a tous,

Nous sommes aux EAU et nous vous envoyons des nouvelles de notre sejour - fabuleux - en Iran...

Bonjour à tous,

Nous sommes au jour 67 et passons la frontière turco-iranienne…

L’horreur dans toute sa splendeur !!!

Alors, que je vous raconte :

Nous arrivons et sommes directement perdus entre les barrages militaires et la douane, entre les vrais douaniers et les faux, entre les douaniers en civil et ceux en uniforme, entre les souriants et les indifférents… La plupart ne parlent pas anglais et les noms des bureaux sont notés en turc puis en farsi, rarement en anglais. Il y a des grilles partout, certaines que nous devons ouvrir seuls, d’autres derrière lesquelles nous devons attendre. Si l’entrée en Turquie fut aisée, la sortie fut chaotique. Un homme monte sur le marchepied de Baloo et entreprend de nous guider. Oubliée l’hospitalité, ici, seuls comptent les dollars à tirer des touristes. Que faire ? Expulser notre ‘guide’ et risquer de le blesser ? Le garder et limiter la casse en lui payant son service comme il se doit mais sans excès ? Il est tenace et s’accroche ! Nous devons bien reconnaître que nous avons été bien plus rapide avec son aide que sans. Bref, nous le remercions en lui achetant des devises iraniennes au taux que nous avions préalablement vérifié sur le Net. Pour deux cents euros, nous voici millionnaire en rials ! Ensuite, on se retrouve entre deux grilles : derrière ; la Turquie, devant ; l’Iran. Entre les deux, les formalités… Un autre type se coltine à nous et malheureusement, pour une fois, nous regrettons bien d’être les seuls étrangers. Bon, même si on avait été plusieurs, il faut dire que ce ne sont pas ces personnes qui manquent !!! Une fois encore, on passe les étapes rapidement. Pourtant, c’est encore plus bord------ que du côté turc ! Nouveauté pour nous, le fameux carnet de passage en douane, dit CPD, le passeport de Baloo. On nous mène à un type, assis sur une chaise en métal, au beau milieu d’un hall. Il semble s’ennuyer à mourir ce qui paraît normal vu que c’est son seul boulot et que nous sommes seuls avec un CPD. Bref, il tamponne, soupire et n’a pas un mot aimable. Je vous ai dit qu’en Iran, les carburants sont donnés. Il y a cependant un bémol. Il faut payer une espèce de taxe sur le diesel. La majorité des voyageurs disent rouler à l’essence et passe sans soucis puisque seule la carte verte est vérifiée (le CPD est tamponné sans même avoir été regardé !). Vous comprendrez plus tard comment se débrouillent ensuite ces voyageurs pour payer leur diesel sans preuve d’être en règle avec la taxe… Evidemment, nous, avec un cam’, impossible de prétendre rouler à l’essence !!! Direction un énième bureau, le type toujours à nos basques et rejoint par un ‘copain’ de la douane. Là, les tarifs nous donnent le vertige : 1800 euros pour avoir une carte diesel prouvant que nous nous sommes acquittés de notre taxe, pour un aller simple jusqu’à Bandar-e-Abbas (le golfe, donc) et ce en ligne directe ! Bref, le litre reviendrait plus cher qu’en Turquie, ce qui n’est pas peu dire. Le type de la douane nous dit d’expliquer que nous allons juste en visite chez des gens du côté de Tabriz et que nous reviendrons ensuite chez nous via la Turquie. Soit ! Le prix chute à 168 euros. Heureusement car nous savions qu’il nous serait impossible de retirer des devises en Iran et nous avons prévu des euros et/ou de dollars mais pas pour un tel montant ! Nous payons donc les 168 euros demandés et recevons en contrepartie une carte autorisant autant de litre de diesel que nécessite l’aller-retour vers Tabriz. Evidemment, nos ‘conseillers’ nous demandent des dédommagements et un reste de taxe : 200 euros !!! Nous sommes seuls, il fait nuit (le passage nous a retenu très longtemps car nous avions bien sûr prévu le coup et avions compté large dans notre emploi du temps) et nous ne voulons pas lui faire voir le coffre avec nos réserves. Nous lui en proposons le reste des deux cents euros ayant servis pour la carte, soit les euros qui sont facilement accessibles. Il refuse, c’est trop peu ! Il veut en plus tous nos rials ! Silvio n’a plus le choix. Il tend le paquet de billets en expliquant que c’est tout ce qu’on a eu au change (vous verrez plus tard que nous allons bien récupérer notre mise de départ sur le prix du fuel). Le type accepte, il voit bien que nous n’avons plus rien dans le portefeuille. Nous sommes fatigués, dégoutés et inquiets. Que faire d’ici que nous retrouvions le moyen de changer des espèces en rials ??? En même temps, même ce qu’on a donnés, ce n’est rien par rapport aux 1800 euros demandés officiellement… Nous sommes d’autant plus perplexes que les gars sourient, nous serrent la main (pas à moi, je suis trop en colère et d’ailleurs, en Iran, ils ne peuvent même pas serrer la main d’une femme !) et nous gratifient de ‘Welcome in Iran’. Je leur dis quand même ma façon de penser, on se sent tout sauf bienvenus et la seule envie que nous avons et de dormir et de repasser de l’autre côté de la frontière dès demain ! Ils balayent mes états d’âme d’un geste de la main : que suis-je, moi, femme, pour oser dire quelque chose ? Ils trouvent ça très drôle. Bon, avouons qu’ils nous ont fait gagner beaucoup de temps, de l’argent et qu’ils n’ont jamais été agressifs. N’empêche… Nous quittons cet endroit et partons rechercher un bivouac dans la nuit, ce qui est très malaisé. Heureusement, Madame Nintendo a joué son rôle de kids-sitter et les enfants se sont à peine inquiétés. Comme d’habitude, ils réclament juste à manger ! Nous passons notre première nuit dans un village que nous ne voyions pas et dormons assez bien, une fois que tous les habitants ont eu terminé le tour de la curiosité que nous représentons. Deux hommes nous convient même chez eux pour un thé. Nous refusons en nous excusant vu la fatigue ressentie. Le lendemain matin, on découvre notre bivouac : un tout petit village avec des rues en terre et en pierres (ça, nous l’avions senti !!!). Des enfants partout qui nous disent ‘Hello ! What’s your name ?’… Pas de problème donc pour notre première nuit.

La journée suivante commence mal car nous sommes encore sous le coup de la veille. Par contre, bonne nouvelle, Silvio a retrouvé des sous iraniens dans la poche de son pantalon. Cette somme correspond à ce qu’il avait prévu comme indemnité maximum pour le service des deux gars (dans les faits, cette somme permet de tenir à quatre une semaine en Iran !). Nous avons donc été moins spolié que ce que nous le pensions. Ce n’était pas volontaire mais nous sera bien utile d’ici que nous trouvions nos repères et un bureau de change. Nous roulons vers Tabriz…

Nous bivouaquons aux abords d’un autre petit village et commençons l’école lorsqu’une femme et sa fille viennent nous chercher pour partager le thé. Nous acceptons volontiers et sommes accueillis chez Mohamad, Manzar, Ali et Fatame. Le thé se transforme en repas, puis en soirée. Ils ne possèdent presque rien : lui est blessé suite à la guerre Iran-Irak et elle confectionne des tapis. Ils vivent dans un deux pièces, sans tables, sans chaises et sans lits. Par contre, ils sont tout contents de nous montrer leur TV avec satellite et nous font écouter la télé suisse. Nous apprenons donc, dans un village perdu d’Iran, dans uns maison en terre, assis en tailleur sur des tapis, que Patrick Swayze a succombé à son cancer du pancréas… Nous nous rendons compte que nous sommes loin de la Belgique, loin de la maison, que plus de deux mois sont passés et que nous sommes hors du temps. Ca nous fait tout bizarre… La soirée se passe en papote, eux en farsi, nous en français et en anglais, Fatime ayant ressorti ses cahiers d’école pour l’occasion. Soudain, Mohamad se lève et veut emmener Nicolas. Panique ! Bien sûr, Silvio va avec lui. En fait, ils traversent tout le village, de nuit, car Mohamad veut acheter des chips et du coca pour nous plaire ! Ensuite, ils nous proposent de dormir chez eux. Nous évoquons Baloo et nos lits mais ils insistent. Ils se serrent dans une des deux pièces et posent des couvertures par terre pour nous confectionner des couchages dans la seconde. Le lendemain, nous partageons le petit-déjeuner constitué de crêpes, de fromages, de lait de brebis, de thé, …

Nous les quittons tous émus, afin de poursuivre notre avancée dans ce si grand pays qu’est l’Iran. Nous sommes silencieux et ne parvenons pas à réaliser ce que nous venons de vivre. Jamais nous n’aurions pensé venir en Iran il y a un an et encore moins dormir chez des iraniens et passer de si bons moments avec eux. Nous voici réconcilié avec le pays !!!

Au jour 70, après un bivouac en retrait de la route et au calme, nous reprenons la route et nous arrêtons à Soltaniyeh où nous admirons le troisième plus grand dôme du monde selon eux. Nous faisons également notre premier plein de carburant avec notre précieuse carte (celle achetée à la frontière, donc).

A part ça, nous n’avons toujours rien compris au pays. Nos GSM ont un réseau mais aucun messages ne passe, Internet via le portable ne fonctionne pas non plus, nous ne trouvons pas de cybercafé, nous achetons une carte de téléphone qui ne fonctionne pas en international et nous stressons à l’idée de penser à nos familles qui stressent… Pour manger, nous ne trouvons pas grand-chose non plus : des œufs et du thon en conserve seront nos seules protéines pendant plusieurs jours ! Cela convient parfaitement aux enfants ! Même les poubelles sont introuvables !!! Pourtant, il ne fait pas plus sale qu’en Turquie ou en Albanie (là, c’était le pompon) où il y en avait partout… N’empêche, on ne va pas balader les nôtres jusqu’aux Emirats L. Va falloir trouver des solutions, la situation devient grave !!!

Nous atteignons Téhéran au jour 71 mais avons choisi de contourner la ville, n’ayant pas de demandes de visas à faire et nos préférences allant aux villages, aux rencontres et aux villes d’histoire. Le périphérique de Téhéran est un horreur absolue. Les trois bandes de circulation se transforment en cinq, les gens conduisent comme des oufs ; nous n’avons jamais vu ça. Pas de clignotants, pas de phares avant la nuit complète, des ‘marche-arrière’ et des déchargements sur autoroutes et des directions indiquées bizarrement. Nous cherchons des noms de villes, nous ne trouvons que des orientations en fonction des boulevards qui font office de sortie. Pour corser le tout, les camions sont interdits sur le ring !!! Nous nous perdons donc à Karaj où nous bivouaquons en attendant le lever du soleil et une accalmie que nous savons utopique.

Le lendemain, après une nuit très bruyante, nous tentons de changer des dollars et comme nous sommes garés devant une banque, nous pensions que ce serait simple. Que nenni !!! Nous comprenons que rien n’est simple en Iran, si ce n’est les contacts humains. N’est-ce pas le plus important ? Les enfants trouvent que ‘non, le plus important, c’est de manger, car, en plus, on n’a même plus de bonbons !’. Donc, Silvio se renseigne à la banque où personne ne parle anglais. Karaj est pourtant une grande ville de banlieue à vingt kilomètre à peine du centre de Téhéran. Il montre les dollars, rien n’y fait. Il montre la carte visa afin que nous poussions retirer au guichet (les automates refusant), à défaut de pouvoir changer mais ce n’est pas possible non plus. Les employés de la banque vont chercher un voisin qui parle anglais afin de nous aider… Ce monsieur arrête son travail d’indépendant et conduit Silvio avec sa voiture dans trois autres banques dont la plus grande de la région. Les transactions demandées sont refusées partout. Ce monsieur a un frère dentiste expatrié aux Etats-Unis, il nous propose donc de nous racheter nos dollars et de les donner à son frère quand il le reverra. Il nous a fait un change tout à fait honnête et se retrouve donc avec deux heures en moins pour faire son boulot et des dollars dont il ne saura que faire pendant plusieurs mois. Merci mille fois à lui !

Nous courrons au magasin chercher des victuailles afin de faire moult ripailles… Nous ne trouvons que des œufs, du thon et des étagères remplies de paquets de chips de toutes les couleurs et de biscuits. Je tique un peu : quid de l’équilibre alimentaire de mes deux héritiers ? Bon, nous trouvons aussi des fruits et des légumes mais rien qu’ils aiment !

Que nous réserve la suite ?

A suivre, donc J

Posté par Le scrap du ry à 15:03 - Asie - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 septembre 2009

Photos

Les dernieres photos de Turquie sont dans l'album: Turquie suite et fin...

Posté par Le scrap du ry à 12:23 - Asie - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

D'iran...

Coucou a vous,

Nous sommes en Iran ou nous decouvrons des sites merveilleux et un accueil sans pareil.

Nous vous enverrons d'autres messages plus detailles une fois sortis du pays.

A tres bientot.

Posté par Le scrap du ry à 11:43 - Asie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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