20 octobre 2009

Iran 2

Voici la suite, une fois passés Karaj…

Nous sommes au jour 72 et, une fois restaurés, prenons la route vers Qom. Sur cette route, nous faisons notre premier plein de fuel sans carte car celle achetée à la frontière est vide. Alors, on arrive et on montre notre carte à un camionneur ou à un chauffeur de bus roulant également au fuel. On lui fait comprendre (plus dur) que cette carte est vide. Une fois sur deux, il nous demande d’où nous venons. Quand on répond que nous arrivons de Belgique, nous sommes pris en charge avec le sourire, le camionneur ou le chauffeur nous fait passer sur sa carte et nous ne lui remboursons que la différence entre son plein de fuel et le notre. Ca prend cinq minutes et ça revient à un euros quarante-deux pour cent dix-huit litres (oui, nous savons que ça doit un peu vous dégouter, ha, ha… C’est ça aussi, le voyage !). Evidemment, comme nous sommes dépendants de la générosité des gens, nous n’attendons jamais d’avoir vidé un des deux réservoirs pour le remplir. De plus, il faut savoir qu’avant Tabriz, les litres sont plus contrôlés et limités afin d’éviter ou de diminuer le trafic entre l’Iran et la Turquie voisine. Bref, nous sommes tout contents d’avoir compris quelque chose !

Pour l’eau, les sources sont nettement plus rares qu’en Turquie mais on trouve toujours. De plus, quand nous sommes invités (et vous verrez plus tard que ce fut plusieurs fois le cas), les gens nous couvent et ne nous laissent repartir que lorsqu’ils sont assurés que nous n’avons plus besoin de rien.

Nous rencontrons de policiers ravis d’exercer leur anglais et très sympas ainsi qu’une dame qui vient vers nuit pour nous offrir une assiette remplie de fruits.

Qom est une ville religieuse et une ville de pèlerinage. Il s’y trouve une superbe mosquée interdite aux non-musulmans (lieu sacré oblige) mais splendide de l’extérieur également ainsi que de nombreuses médersas. Relation de cause à effet, il n’y a que des tchadors noirs et énormément d’hommes en turban et avec barbe. Nous constatons aussi qu’il est presque impossible de traverser dans la ville sans risque de se faire tuer ! Que le feu soit vert, qu’il y ait ou non un passage clouté, c’est la folie ! Des infractions sont même commises devant les policiers qui ne réagissent pas. Pour cause, ils conduisent aussi mal et ne sont là que pour nous contrôler. Sur la fin, ils nous feront tourner sots ! Mais ça, c’est une autre histoire et je vous la raconterai plus tard.

Après avoir mangé dans un fast-food (histoire de trouver de la ‘viande’), nous quittons Qom afin de bivouaquer hors de la ville. Nous trouvons un endroit qui nous plait près des montagnes et surtout, près d’une source. Très vite, des Iraniens arrivent et nous font comprendre que nous sommes fort proches d’une base militaire et qu’il serait mieux de les suivre. Ils nous conduisent un peu plus loin afin de dormir sans soucis.

Le lendemain, il nous faut quand même rincer une lessive et remplir le réservoir d’eau. Nous retournons près de la base en prenant bien soin de ne pas mettre un pied sur le territoire militaire. Malgré tout, nous nous faisons arrêter par un militaire. Il confirme qu’il n’y a pas de problèmes là où nous sommes. Simplement, il nous a remarqué, il est curieux, il ne comprend pas ce que nous faisons en Iran et il préfère appeler la police pour être certains que nous ne faisons rien de répréhensible. La police arrive donc et nous pratiquons un langage de sourd. Encore une fois, ils ne parlent que farsi. Ils nous emmènent au petit poste tout proche pour des vérifications. Le poste a beau être petit, il y a des barbelés partout, des gardes armés et, bien que Nicolas trouve que ça déchire grave, nous sommes loin d’être rassurés. Nous sommes en Iran, quand même… Ceci dit, les policiers nous proposent de l’eau et des pop-corn et ne sont nullement agressifs. C’est juste une histoire de lieu et d’ambiance générale.

Comme nous ne nous comprenons pas, ils décident de nous amener au grand poste de Kashan. Au moins, c’est dans notre direction ! Nous les suivons donc et parvenons même à rire de toutes les infractions qu’ils commettent sur la route. Nous parquons où ils nous le demandent, soit, exactement à côté d’un panneau ‘Interdiction de stationner et de se garer’. L’Iran est un condensé d’interdits mais ce ne sont jamais ceux auxquels on pourrait s’attendre…

Nous rentrons et nous asseyons près d’une dame en tchador, qui, nous le pensons a commis un quelconque crime. Plus tard, nous comprenons qu’elle fait partie de la police et que son rôle est de questionner et e fouiller les femmes qui refuseraient d’être prise en charge par un homme. Elle n’a même pas le droit de répondre au téléphone ! Là, nous attendons…

Les enfants commencent à en avoir marre et à avoir faim… Un homme parlant anglais arrive et grâce à lui, la situation avance. En fait, ils sont perplexes à cause de nos passeports belges et suisses mais plus encore à cause de notre visa iranien, pris à Ankara alors que nous aurions pu le prendre en Belgique ou en Suisse. Nous expliquons alors notre mariage, le choix du passeport suisse pour Nicolas et Romane, notre périple, la durée de validité du visa iranien et ses conditions d’obtention et donc, la raison pour laquelle nous avons choisi de le prendre à Ankara. Evidemment, du coup, leur franc tombe et tout va mieux. On nous propose directement de l’eau et un ‘Rani’, boisson à base de pulpe d’oranges que nous adorons et qui nous offre (surtout aux enfants qui prennent enfin des fruits) des vitamines. Le policier parlant anglais se confond en excuse en explique que ni notre famille ni nos nationalités ne posent soucis. Simplement, à cause des tensions internationales, ils deviennent un peu paranos et ils se voient contraint de multiplier les contrôles. Il comprend bien que nous n’avons rien à voir avec le Président français ou la Chancelière allemande et que nous ne pensons pas forcément la même chose qu’eux sur leur pays. Ne sommes-nous d’ailleurs pas en train de le découvrir ?

Après quatre heures d’explications de part et d’autres, nous quittons enfin le poste. Quelle expérience !!! Quel pays authentique !!!

Nous arrivons à Kashan en fin de journée et comme il fait nuit noire à dix-huit heures, nous ne faisons pas grand-chose.

Le lendemain, nous visitons la vieille ville de Kashan et prenons plaisir à nous perdre dans les petites ruelles où se trouvent les vieilles maisons en torchis et en boue séchée. Nous aimons regarder les pains qui cuisent sur la braise et nous mélanger aux locaux. Eux semblent contents aussi et nous offre les pains que nous avons vus cuire. Ils sont encore tout chaud et sont absolument délicieux.

Après une nuit bruyante, nous visitons les jardins de Fin, toujours à Kashan, qui sont des jardins avec de beaux pavillons, de l’eau partout, des plantes, … Le tout très calme et hyper bien entretenu. On a l’impression, entre les murs des jardins, de mieux saisir ce que pouvait être la vie en Iran avant, quand il y avait moins d’interdits. Bien sûr, comme il y a de l’eau, les enfants adorent. Comme c’est splendide, les adultes aiment aussi. Nous y restons donc assez longtemps, histoire d’atténuer les tensions dues à nos heures passées dans les bureaux de police.

Nous roulons un peu afin de sortir de la ville et nous dirigeons vers Abiyaneh, petit village inscrit à l’Unesco. Il s’agit d’un village où le temps semble s’être arrêté à l’époque de sa construction sur les flancs de la montagne. Les toits des maisons font office de terrasse pour les maisons voisines ou permettent d’installer un poulailler ou un pigeonnier (les pigeons, en Iran, sont fort appréciés car ils auraient aidé le Prophète à sortir du désert). Dans ce cas, les habitants accèdent au toit en empruntant une vieille échelle en bois. Autre particularité de ce village, il n’y a plus de tchadors noirs. Tous les vêtements des femmes sont en couleurs et fleuris. Les hommes, quant à eux, portent des chemises sur des amples pantalons gris. Imaginez un peu la beauté du site : nous sommes seuls, les tons sont bleu azur (le ciel), ocres (les maisons) et minéraux (les montagnes) et de temps à autre, des couleurs flottent au gré de la légère brise. Bref, superbe !

Au jour 76, nous restons près d’Abiyaneh et nous ne faisons pas grand-chose. On se repose un peu, on fait l’école, on admire les splendide paysage de montagnes… On a la visite de la police mais ça ne dure pas. Les policiers sont simplement étonnés de nous trouver là. Plus tard, on apprendra par des villageois que nous sommes les seuls étrangers qu’ils voient. D’où la curiosité des habitants et la perplexité des policiers.

En reprenant la route le lendemain, nous prenons de l’eau. Nous sommes aussi  perplexes que les policiers d’hier. Que va-t-il nous arriver, cette fois ? Que du bon ! Nous sommes donc arrêtés au bord d’une route toute droite. A gauche, le désert. A droite, le même désert et un petit aqueduc. Il y a aussi un arbre tout tordu et trois hommes installés sur une couverture et sur des tapis (ici, nous ne voyons jamais de tables ou de chaises de pique-nique, les gens déroulent des tapis, dans le désert, en pleine ville, sur les bords de routes…). Les trois hommes sont curieux, le patriarche nous invite pour le thé dès qu’il comprend que nous sommes belges. Il s’agit d’un vrai thé avec des herbes chauffées dans une bouilloire en fonte posée directement sur les braises d’un feu de bois. Ensuite, on se voit offrir des épis de maïs cuits au feu de bois et des grenades. On apprend à les éplucher sans mettre un temps fou. Ils les salent et les sucres un peu et nos petits adorent. Ouf ! Enfin un fruit vendu ici et qui trouve grâce à leurs yeux.

On remercie et on propose de les quitter. Hors de question !!! Nous n’avons pas encore mangé, nous font-ils comprendre. Nous, nous sommes rassasiés mais soit, on passe un bon moment avec eux, nous restons. Nous dinons avec du riz au poulet, des herbes et du fromage. Arrivent des bergers dans des costumes typiques de la région et des centaines de bêtes. Ensuite, le frère de l’un d’eux se joint à nous pour fumer la pipe. Silvio goûte. Encore un excellent moment. Que de générosité !!!

Vous souhaitez la suite ?

Alors, à très bientôt.

Posté par Le scrap du ry à 15:04 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Iran 2

    Bouh, la la , je vais continuer votre récit !!!

    Posté par Audrey Vast, 23 octobre 2009 à 10:59 | | Répondre
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