19 novembre 2009

EAU la suite ...

Nous revoici…

Donc, au jour  113, nous arrivons en soirée sur le parking d’un Mall d’Al Aïn que nous connaissons. Nous n’avons plus d’énergie mais avons besoin de sortir, surtout pour les enfants. Ils aimeraient se rendre au Mall pour avoir moins chaud que dans Baloo. Va donc pour le Mall ! Nous n’avons même plus la force de les contrarier… Nous trouvons le « off road » spécial Emirats et comme nous avions trouvé le « off road » spécial Oman très bien fait, nous envisageons de l’acheter. Nous le consultons en vitesse afin de voir si tout n’est pas que désert mais comme nous sommes dans une librairie et non dans une bibliothèque, nous n’allons pas plus loin dans nos investigations. Erreur ! Le tiers des itinéraires concernent tout ou en partie Oman ou la péninsule de Musadam qui en fait également partie. Quelle arnaque ! Ce n’est pas notre jour… De toute façon, l’ « off-road », ce sera pour après, quand nous saurons que faire après les EAU. Ceci dit, maintenant, nous craignons de revivre cette histoire de volant mal situé dans d’autres pays. Donc, on stresse et on a bien du mal à positiver.

Le lendemain, nous partons tôt car nous savons que derrière le Mall se trouve le souk aux dromadaires et aux bestiaux. Inutile de vous expliquer que le fait d’y assister est une expérience typique et unique… On observe les discussions entre les acheteurs et les vendeurs ainsi que les longs marchandages, on admire les dromadaires de courses et, beaucoup moins amusant, on entend hurler les dromadaires qui sont poussés dans des « quatre quatre » rutilants afin d’être emmenés en vue de servir de viande à barbecue. De quoi devenir illico végétarien car on se doute bien que les cris des animaux dans les abattoirs de chez nous  sont aussi interpellant. Romane a la larme à l’œil ; nous ne nous attardons pas plus longtemps et passons voir les biquettes…

Ensuite, nous nous dirigeons vers l’oasis d’Al Aïn où nous trouvons un beau bivouac, assez calme, en bordure d’une palmeraie. Un jardinier iranien nous fournira même en eau et il y a un robinet d’eau potable ainsi que des toilettes. Les enfants ont toute la place qu’ils veulent pour jouer en toute sécurité et ont de la matière première. Les branches de palmiers tombées des arbres leur permettent de réaliser des petits tapis ou des petites cabanes ! Une fois posés, nous visitons le fort Sultan et le musée national situés juste à côté. Nous avons également trouvé un wifi gratuit. Certes, il faut s’asseoir sur le bord du trottoir mais c’est suffisant pour recevoir et envoyer des mails et espérer des réponses aux mails que nous écrivons en vue de poursuivre notre voyage. Nous sommes dans un pays hyper sûr et faire de l’Internet sur ses genoux sur une bordure de trottoir ne pose aucun souci. Que demander de plus à un bivouac ? Rien !!!

Le lendemain, nous nous reposons ( ?!). En fait, nous faisons l’école, la lessive, les vidanges, les repas, les vaisselles, du rangement, … Bref, nous terminons la journée très fatigués et ne sommes toujours pas remis de notre déception omanaise. Faut dire aussi que nous n’avons toujours pas fait le deuil de notre premier itinéraire via l’Inde, le Népal et le Xin Jiang bien que nous ayons appris que cette province chinoise est toujours fermée aux touristes. Le soir, nous faisons quelques pas dans l’oasis et tombons par hasard sur le palais de Sheikh Zayed que nous trouvons magnifique (le palais, pas le Sheikh !). Je veux la même demeure ! Silvio est désolé, il n’a pas assez de sous ! Il fait nuit, nous reviendrons demain. Cependant, nous avons l’occasion, parce que nous sommes vendredi, d’assister à un spectacle de danse traditionnelle bédouine. Je n’avais pas l’appareil photo avec moi, ce qui est très rare et n’ait donc pas de photo à vous partager…

Le jour suivant, nous sortons et partons visiter en taxi le site archéologique de Hili où se trouvent de très vieilles tombes. Une fois la visite terminée, plus de taxis ! Nous sommes loin du centre ville et il y a peu de circulation dans ce coin. Heureusement, nous nous souvenons de numéro de la centrale de taxis d’Al Aïn et Silvio l’appelle. Ces taxis sont bien pratiques car, en ville, on en trouve partout et à toute heure et ils sont très bon marchés (par rapport à chez nous, pas par rapport à l’Iran…). Un taxi arrive avec à son bord un chauffeur indien hyper souriant et très aimable. Blues !!! Il nous conduit à l’ "Heritage Village". Ce dernier n’a rien à voir avec celui d’Abu Dhabi et est en fait un restaurant chic et un bar à shisha. Les enfants exultent… Ils savent que nous ne pourrons pas leur refuser le resto car il est déjà près d’une heure trente. Silvio, qui a été bien malade cette nuit, a bien du mal à avaler l’immense portion servie. De mon côté, le cœur n’y est pas mais comme le repas est succulent, j’avale et me régale. Les enfants engloutissent tout comme des pauvres petits mal nourris.

Nous rappelons ensuite notre sympathique taximan indien. Ce dernier nous a laissé son numéro de téléphone personnel au cas où nous aurions besoin de ses services. Il arrive et nous conduit, toujours souriant, au fort Al Jahili où, hormis le fort proprement dit, nous admirons une exposition de photos en noir et blanc de Thesiger, un anglais ayant vécu avec les bédouins dans les années ‘ 60 et étant le premier européen à avoir traversé le « Empty Quarter », une des parties les plus hostiles du grand désert Rub Al Khali. Les photos sont splendides et nous apprécions tous les quatre. Nous retournons ensuite au palais de Sheikh Zayed que je trouve toujours splendide. Comment vous le décrire ? Ce sont les couleurs surtout qui me fascinent. Toujours ce bleu et cet ocre ou beige, cette luminosité, ces portes ornées, ces fenêtres  et ces voutes, ces jardins impeccablement entretenus, … J’adore !

Repos le lendemain et cybercafé car nous devons faire imprimer des documents et des mails. C’est à mon tour d’être malade la nuit. Jamais je ne l’ai été autant… Pourtant, nous en prenons des précautions avec l’eau, les fruits et les légumes… Vite, des gélules d’huiles essentielles ! Ca fait un peu cliché et, promis, je n’ai aucune action chez Pranarom mais, n’empêche, le lendemain, je suis évidemment fatiguée mais je remange déjà un peu et n’ai plus de symptômes. Ce traitement a fait des miracles chez Silvio et chez les petits (en Turquie pour Nicolas et en Iran pour Romane) aussi. Je reste disponible pour plus d’informations le concernant…

Enfin, afin de changer d’air, nous retournons sur Abu Dhabi. C’est marrant, nous ne sommes venus qu’une fois avant mais nous retrouvons notre chemin et des repères comme si nous connaissions cette ville depuis bien plus longtemps…

Nous n’avons toujours pas réglé la suite du périple. A chaque mail positif succèdent un mail négatif et nous avons l’impression de passer de Charybde en Sylla… Nous commençons à devenir fous car tant que les choses ne sont pas réglées, nous ne pouvons nous éloigner d’une des grandes villes du pays…

Aujourd’hui, jour 120,  est un grand jour car nous allons essayer de débloquer un peu la situation en allant faire la demande de nos prochains visas. Nous nous sommes renseignés par téléphone et les choses s’annoncent assez mal car il semble que lorsqu’on ne réside pas aux EAU, il faille dix jours pour obtenir les visas, ce qui est trop par rapport au projet que nous préparons… Sur place, on se comprend difficilement tant l’accent anglais des personnes que nous avons devant nous est prononcé. Chacun y met de la bonne volonté et tout finit par s’arranger : on nous promet nos visas pour dans une semaine, soit cinq jours ouvrables. Nous ressortons dubitatifs mais heureux quand même d’avoir fait un pas en avant. Nous partons ensuite régler un autre souci administratif dont nous vous parlerons plus tard afin de préserver le suspense J

Les préparatifs se poursuivent mais nous n’osons trop nous réjouir vu le « coup d’Oman »… c’est bête mais c’est ainsi, nous ne pouvons oublier qu’un accroc de dernières minutes est toujours possible !

Au jour 122, nous contactons Wanda et Johan. Ils étaient venus vers nous lorsque nous étions sur Al Ain et s’étaient montrés très intéressés par notre périple. Ils semblaient également très heureux de rencontrer des compatriotes (enfin, je parle pour moi…). En effet, Wanda et Johan sont belges ! Ils sont aussi néerlandophones et c’est donc pour nous, et pour la seconde fois de ce voyage, l’occasion d’entretenir notre néerlandais. Nous sommes reçus chez eux où nous partageons les repas de midi et du soir ainsi que de chaleureuses discussions. Wanda me laisse faire deux machines à linge et j’en rougis de plaisir !!! Bert et Jannes occuperont Nicolas et Romane avec des jeux vidéos et des DVD. Cette journée nous détend vraiment et nous nous faisons des amis. On se reverra lorsque nous repasserons aux EAU, c’est certain !

Le 14 novembre, jour 123, c’est mon anniversaire !!! Les enfants m’ont fait de très beaux dessins et m’ont offert un dromadaire en mosaïque comme ceux que j’avais vu en face du Jumairah Beach et que j’avais tant aimé. Ils s’en sont souvenus et j’en suis très touchée. Silvio m’a offert un cadre en forme de porte typiquement arabe. Je collectionne les photos de portes depuis des années et, à nouveau, je suis très contente de mon cadeau. Faute d’avoir trouvé du beurre, nous ferons le gâteau demain et partons donc pour l’oasis de Liwa en vue de voir, sentir et entendre les silences du désert. Ce soir, nous sommes à l’est de l’oasis avec vue sur les dunes. Romane verra deux antilopes et tous, nous suivons les traces de pattes sur le sol mais ne voyons pas d’autres animaux car nous avons peur de nous éloigner de Baloo. Les dunes sont hautes et une fois montées et redescendues deux fois, on perd déjà complètement son sens de l’orientation et ne voyons plus du tout le village ! Nous visitons plusieurs forts, laissons les enfants se rouler dans le sable et dégringoler du haut des dunes, sauter et caresser le sable à l’infini. Nous bivouaquons à  quelques kilomètres de la frontière avec l’Arabie Saoudite dans un paysage absolument splendide. Malheureusement, nous rejouons un remake de « nous sommes trop proches d’une base militaire et d’une frontière fermée de surcroit », donc, des militaires en dishdasha nous demandent, avec beaucoup de courtoisie, d’aller passer la nuit un peu plus loin. Nous sommes déçus de devoir quitter ce paysage et détestons chercher un bivouac quand il fait noir mais bien sûr, nous obtempérons. Le jour suivant, nous nous éveillons après une nuit hyper calme et bien fraîche et avons la surprise de voir, à quelques mètres de nous, des dizaines de dromadaires. Sympas, en plus ! Lorsqu’ils s’aperçoivent que nous les photographions, ils prennent la pause et nous offrent de photos superbes. Nous contemplons la vue pendant une bonne heure avant de quitter l’endroit afin de poursuivre et, accessoirement, de trouver du beurre pour confectionner mon gâteau d’anniversaire. Il se révélera délicieux !!!

Nous quittons Liwa dans l’après-midi afin de rentrer tout doucement vers Abu Dhabi et de passer rendre visite à Uli et à sa famille qui vivent à Madinat Zayed, sur la route vers A.D. Uli est allemand et nous l’avions rencontré sur le parking du Marina Mall à A.D. Il nous avait alors invité chez lui… Comme vous pouvez vous en rendre compte, alors que nous ne connaissions personne aux EAU à notre arrivée, nous avons maintenant tout un réseau autour de nous et l’embarras du choix si nous en venions à nous sentir un peu trop seuls ! C’est avec grande joie que nous faisons la connaissance de sa femme ghanéenne et de sa petite fille. Nous partageons le souper, nous imprimons divers documents pour la suite du projet et Deborah me prête son lave-linge ! C’est fou : aucun lave-linge depuis la Macédoine et la famille de Drage et puis, plusieurs occasions en quelques jours ! Nous passons une agréable soirée à admirer les photos du Ghana que Deborah regarde et nous montre avec nostalgie. C’est évident, un jour, nous irons visiter son pays et rencontrer sa famille en Afrique !!! Nous les quittons à regret et reprenons la route vers notre Q.G. d’A.D.

Au jour 127, nous passons à l’ambassade rechercher nos visas la peur au ventre. Les gens du service des visas nous avaient promis les visas ce jour mais avaient aussi promis de nous prévenir par GSM, ce qu’ils n’ont pas fait…. Or, pour la cohérence du projet, nous avons réservé nos billets d’avion juste après notre premier passage chez eux et leur promesse quant aux délais. Il est donc capital de les obtenir aujourd’hui… Le préposé met un temps fou avant de revenir vers nous avec nos passeports garnis d’un visa de six mois pour…. l’Inde !!! Eh oui, nous ne passerons pas par le Pakistan et le XinJiang est toujours fermé aux touristes mais avec les sous économisés ainsi (Chine et fuel), nous nous envolons pour l’Inde demain soir pour trois semaines et pour trois autres semaines au Sri Lanka. Bien sûr, nous avons conscience que trois semaines en Inde, c’est peu mais nombres de voyageurs se contentent de cela… Et puis, ce sera l’occasion pour nous d’avoir un premier contact avec  ce pays si différent et de voir si nous avons envie ou non d’y revenir plus tard. Nous ferons tout un tour en Inde du Sud et ensuite, un tour également au Sri Lanka. Nous nous réjouissons vraiment d’avoir pu monter ce projet d’ici car ce ne fut pas toujours simple…

Et Baloo ??? Nous avions rencontré un couple de français lorsque nous étions du côté de Fujairah, nous vous avions alors dit que nous vous reparlerions d’eux. Anne-Marie et Michel, qui résident aux EAU depuis vingt ans nous ont offert de garder Baloo chez eux pendant notre absence. Nous nous sommes renseignés de notre côté auprès du RACB local afin de connaître nos droits par rapport au carnet de passage en douane puisque Baloo y est inscrit. Il ne semble y avoir aucun problème pour le laisser dans le pays tant que nous ne dépassons pas un an.

Entretemps, nous avons rédigé le premier bulletin scolaire des enfants. Comme les vrais, avec des cotes et tout et tout. Ce n’est pas si mal, il faut bien le reconnaître. Ils sont très bons en math tous les deux, relativement faibles en orthographe et le reste est tout à fait correct. C’est une bonne chose de faite car cela nous permet de nous situer et nous rassure, en tant que parents-professeurs, sur le travail que nous faisons avec eux.

Nous vous quittons donc en espérant vous retrouver de l’autre côté de la mer d’Oman.

Posté par Le scrap du ry à 07:48 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur EAU la suite ...

    Merci Françoise pour ce très long mail, qui nous plonge au coeur du voyage et nous permet de vivre avec vous vos "aventures ".Votre patience est récompensée même si ce n'est pas toujours dans le sens que vous espériez et cette rencontre avec des personnes aussi diverses doit être bien enrichissante pour vous et surtout pour les enfants, je suis persuadée que vous allez leur inculquer le goût des voyages et qui sait, nous en faire de très bons reporters.
    Merci encore de nous donner de ton temps déjà pourtant si précieux.Je vous souhaite à tous quatre un très bon séjour en Inde, plein de souvenirs merveilleux et revenez nous en super forme.Je vous garde dans mon coeur et pense souvent à vous, bisous à toi, ma grande

    Posté par maxi, 19 novembre 2009 à 08:11 | | Répondre
  • Bonjour

    Bravo :
    - bravo pour ce courage que vous avez pour vous lancer dans cette belle aventure,
    - bravo pour votre site très bien fait , et superbement mis à jour (malgré toutes les contraintes que vous devez avoir.

    J'ai découvert votre site et votre voyage depuis 2 jours, car nous même sommes en cours de réflexion pour nous lancer dans une aventure similaire.
    J'aurai plein de questions à vous poser, mais pour l'instant je vais poursuivre la lecture de vote site.

    Je vous souhaite beaucoup de bonheur et de joies dans la poursuite de votre voyage (malgré les difficultés que vous venez de rencontrer ...).
    Merci encore et à bientôt.
    Nous habitons en Savoie, aprés quelques flocons de neige la semaine dernière, nous en attendons impatiemment plus pour rechausser les skis.

    Dominique, Patricia et Loan

    Posté par Famille Petit, 19 novembre 2009 à 09:45 | | Répondre
  • Bon vol

    Que de changements. C'est l'aventure avec un grand "A". Malgré tous les changements, j'espère que vous pourrez profiter de de votre temps "réduit" en Inde et au Sri Lanka.
    Restez prudent et profitez au mieux de toutes vos découvertes.

    Posté par Luc, 19 novembre 2009 à 09:54 | | Répondre
  • Bon vol

    Bonjour,

    Je suis votre périple depuis quelques temps depuis Montréal. C'est le scrap qui m'a amené par hasard sur votre blog... Alors je tenais à vous envoyer un petit mot pour que vous sachiez qui vous lit.

    J'adore recevoir de vos nouvelles de voyage. C'est ainsi que je me rends compte que les média nous donne une idée tellement fausse de la réalité des pays que vous traversez. Vous nous faîtes découvrir la générosité et l'amabilité des personnes que vous rencontrez sur le chemin. C'est fascinant et ça me donne aussi envie de rencontrer des voyageurs et même de partir à mon tour sur la route avec ma petite famille. Je trouve aussi que vous laissez une belle part de jeux à vos enfants dans tout ça. Ils ont leurs propres expériences de voyage avec leurs + et -. C'est vraiment enrichissant.

    Alors bon vol pour l'Inde et au plaisir de vous lire à nouveau dans quelques jours ou quelques semaines. Profitez-bien.
    Valérie

    Posté par Valérie, 19 novembre 2009 à 16:41 | | Répondre
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