06 juin 2010

Turquie, 3ème passage.

Bonjour à tous,


J'ai pris du retard, une fois encore, dans la rédaction de ce blog. Le retour approchant à grands pas, les étapes dans les différents pays seront de plus en plus courtes. Notre avancée devrait donc être mise à jour régulièrement, ce qui nous est difficile; d'une part parce que nous ne passons que très peu de temps dans les villes et avons donc assez peu d'accès Internet; d'autre part parce que le site qui héberge nos récits et photos fait de plus en plus de siennes et que nous avons plus d'une fois du laisser tomber ce que nous entreprenions de télécharger. Nous nous excusons pour ce retard et ces désagréments.


Ceci étant dit, nous nous sommes quittés au jour 309 et nous y revenons donc avec joie!

Alors que nous arrivons à la frontière syrienne, nous croisons deux jeunes à vélos. Nous nous retrouvons ensemble devant le douanier et faisons connaissance. Héloïse et Aurélien, deux français qui ont cinquante ans à eux deux, entreprennent à peu près le même itinéraire que celui que nous avions imaginé réaliser mais dans l'autre sens, en un an et demi et surtout, en vélos! Ils commencent donc et se baladent depuis presque trois mois... Le douanier, voyant que nous nous connaissons, se met à examiner les passeports que Silvio lui a tendu mais y perd vite le peu d'anglais qu'il connaît devant le désordre que notre rencontre lui occasionnera: quatre passeports, trois suisses et un belge, pour quatre personnes visibles: deux français, un suisse et une belge! Quid??? Nos enfants sont restés dans Baloo et jouent sans se tracasser le moins du monde du fait que le douanier souhaite apercevoir leur jolie frimousse une fois que nous lui ayons expliqué que nous avons deux enfants. Enfin, Nicolas et Romane se montrent, Héloïse et Aurélien sortent leurs propres documents et le douanier réalise que nous voyageons séparément et que notre rencontre est due à une coïncidence de voyage car; non, nous ne nous connaissions pas avant d'arriver devant lui, nous n'avions pas rendez-vous ici et nous ne continuerons pas ensemble. Héloïse et Aurélien passent les postes syrien et turc plus vite que nous car ils n'ont pas de démarches relatives à leurs véhicules. Par ailleurs, ils se faufilent entre les camions alors que pour nous laisser passer, une bonne dizaines se mettent en branle pour nous! Une fois les démarches accomplies des deux côtés de la frontière et arrivés en Turquie, nous décidons de prendre le repas de midi ensemble histoire de prendre le temps de papoter et d'apprendre à se connaître un peu mieux. Nous nous arrêtons dans le premier village et préparons le repas lorsque Silvilo s'aperçoit que la clef 'coupe-circuit' est tombée de son porte-clef. Nicolas a vu un des nombreux gamins accourus suite à la curiosité que nous représentons l'emporter avec lui. Nous essayons de la récupérer mais le gamin ne veut rien savoir. Nous en arrivons donc à devoir aller chercher un des grands frères afin de récupérer notre bien et ce, malgré que cette alternative nous rebute: nous savons que le gamin sera rossé pour son méfait! De fait, nous récupérons la clef et le gamin se fait passer l'envie de recommencer. Nicolas et Romane ingurgitent leur part de repas et ressortent rapidement pour surveiller les vélos de nos nouveaux amis. Rapidement, les gamins du village leur lancent des cailloux! Nicolas veut répondre mais nous l'en empêchons! Nous ne voudrions pas qu'il en blesse un sérieusement!!! Nous nous demandons vraiment où nous sommes tombés, entre vol et jets de pierres, nous n'avons qu'une envie: partir!

Alors que nous réfléchissons à la meilleure manière de faire rentrer les bagages et les vélos d'Héloïse et d'Aurélien dans Baloo (il s'avère que nous pensions bivouaquer tous les six dans le villages d'Harran), nous voici invités à boire le thé avec la famille! Nous acceptons afin de ne pas rester sur des à-priori négatifs... Nous rencontrons la famille élargie, des femmes surtout car elles nous expliquent que les hommes dorment. Pendant ce temps, elles gèrent notre thé, leur ménage, nourrissent des bébés au sein, s'occupent vaille que vaille des autres gamins, s'occupent des bêtes, travaillent dans les champs et trouvent encore le temps de tout interrompre pour aller chercher un chaise qu'elles tendent à un des hommes dès qu'il manifeste l'envie de se joindre à nous. Nous comprenons un peu mieux pourquoi les jets de cailloux n'émanent jamais des filles: elles ont déjà l'habitude de se taire et d'obéir aux garçons!!! Nous sommes dans un monde qui nous semble extrêmement dur! La violence est omniprésente au sein de la famille: dès qu'un des enfants tentent de se rebiffer, il se fait repousser rudement, voire baffer, par un des hommes. Ces gosses sont couverts de coups et d'ecchymoses, comme certaines des femmes. Ils sont crasseux, couverts de cicatrices et de plaies et boutons divers. Néanmoins, les femmes savent trouver un peu de plaisir là où il se trouve et c'est ainsi qu'elles se mettent en tête de nous habiller, Héloïse et moi, en femmes turques. Nous nous pretons au jeu! En plus de nos vêtements, nous voici bien vite emprisonnées sous une robe en coton, suivie d'une autre en synthétique, enserrée par une large ceinture. Le tout est complété, en plus, d'une robe sans manche, et l'ensemble est ajusté jusqu'au cou! Nous avons cependant encore droit au foulard! Nous ne tardons pas à mourir de chaud, habituées que nous sommes à vivre en t-shirt (depuis près d'un an pour nous!!!). Les femmes insistent pour qu'ait lieu un petit défilé auprès du comité qui nous attend dehors ainsi qu'une longue séance de photos.

Nous quittons finalement cette famille, nous nous entassons ainsi que les vélos et les bagages dans Baloo et nous dirigeons vers le village de Harran qui compte encore des maisons en pain de sucre habitées.

Il est déjà tard, Héloïse et Aurélien montent leur tente avec l'aide de Nicolas et de Romane qui prennent plaisir à les aider pour gonfler leur matelas. Nous installons notre bivouac, préparons un semblant de 'bolo' avec de la viande de mouton achetée en Syrie et nous régalons d'autant plus qu'un villageois nous a offert de quoi agrémenter notre repas de spécialités locales. En soirée, nous jouons au 'Petit bac' tous ensemble, à la plus grande joie de nos enfants. Enfin, nous retrouvons des francohones, qui sont certes adultes mais pas aussi vieux que nous! Héloïse et Aurélien ont un âge intermédiaire entre celui des enfants et le nôtre. Romane se jette au cou d'Aurélien, avec qui elle fait équipe, pour lui donner des idées de mots que nous entendons tous et Nicolas fait de son mieux pour qu'Héloïse puisse être fière de son écriture et de son imagination... Superbe soirée, qui nous fait un bien fou et qui fait légèrement remonter le voyage dans l'estime de Nicolas!

Le lendemain, nous visitons le village de Harran et sommes étonnés de voir partout des gosses non scolarisés qui nous courent après pour demander de l'argent.

Nous quittons ensuite nos amis et prenons ensuite la route, eux vers l'est en vue d'atteindre l'Iran, nous vers le Nord pour visiter le Caucase.

Bonne route à vous, Auré et Hélo et merci pour ces merveilleux moments passés avec vous! Nous aurons un cadeau à notre retour en Belgique, pouvoir vous suivre dans votre périple!

Nous arrivons bien vite à Sanliurfa où nous sommes médusés suite à l'engueulade d'un local qui refuse que nous nous garions près de chez lui, bien que des places de parking soient dessinées sur le sol, suite aux questions intrusives de 'guides touristiques', suite aux demandes incessantes des enfants pour avoir des l'argent, ... Nous finissons par leur donner des crayons, bien que nos convictions ne soient pas en accord avec nos actes (depuis le début, nous refusons systématiquement pour ne pas générer encore plus de mendicité). Cette fois, nous cédons parce qu'après les jets de cailloux, nous voulons avoir un peu la paix!!! C'est la première fois depuis le début du voyage que les crayons sont jetés par terre et piétinés avec rage! Les gosses nous lancent des regards de haine! Nous sommes déçus mais surtout tristes de voir ces gamins de six ou huit ans, trainer dans les rues, sans la moindre surveillance, et déjà délinquants.

Nous fuyons véritablement cette région détestable ou thé et jets de pierres, repas offerts et courses aux euros ne font qu'un! Nous ne retrouvons pas la Turquie que nous avons aimée...

De toute façon, il s'agit de notre troisième séjour en Turquie, probablement précédé d'un quatrième pour ressortir du Caucase; notre but est donc de filer pour pouvoir profiter de la Georgie et de l'Arménie. Evidemment, filer, avec Baloo et l'état des routes en Anatolie de l'est, c'est un grand mot!

Nous passons donc les jour suivants à avancer péniblement sur des routes défoncées, en chantier, ... Les chocs nous donnent mal au ventre et au dos. De telles routes sont pires que tout car, si les pistes en sable sont amorties et si les wadi de pierres se façonnent un peu en fonction de notre passage, ici ce sont des chocs à chaque fois, malgré la prudence et la lenteur à laquelle Silvio avance. Des chocs sur des centaines de kilomètres.

Pour nous consoler, la nature nous offre de splendides paysages de montagnes, de rivières, de lacs, ... où nous nous posons pour les bivouacs et les repas. Nous tentons de ménager notre dos et les enfants en profitent pour jouer avec l'eau.

Nous sommes quand même ravis d'apercevoir les rives de la mer morte après avoir traversé un paysage de plantations de thé qui nous rappelle le Sri Lanka.

Notre dernier bivouac turc se fera en bord de mer, un splendide coucher de soleil sera au rendez-vous ainsi que l'incroyable accueil de la plupart des Turcs. Cette fois-ci, ce sont des ouvriers qui nous inviteront dans les cuisines de leurs baraquements et qui nous offriront des légumes, des fruits, du pain, du coca, ... Baloo est plein à craquer de victuailles que nous n'aurons sûrement pas le temps de manger mais que nous emmenons malgré tout tant les hommes semblent déçus devant notre refus.

Demain sera un autre jour, nous espérons rentrer en Georgie, pays que nous ne comptions pas visiter et dont nous ne savons rien. Nous ne possédons ni guide ni carte mais savons que rien ne ressemblera à ce que nous avons pu voir depuis notre départ. Une saine excitation surpasse la légère appréhension que nous ressentons...



Posté par Le scrap du ry à 18:36 - - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur Turquie, 3ème passage.

    Whaou !! quel périple. Mais dans ces terres qui semblent autsère : une merveilleuse rencontre apparement. Déjà qu'avec Baloo ça doit pas être simple tout les jours, mais à vélo : chapeau bas....
    A bientôt pour la suite.
    Bises
    Cécile

    Posté par scrap-ce, 06 juin 2010 à 23:55 | | Répondre
  • Voilà un nouveau récit qui nous montre que ce n'est pas toujours facile pour vous d'avancer mais vous vous en sortez haut la main.
    Oui votre retour approche, quand on pense que cela fait presque un an que vous êtes partis ... et tout ce que vous avez vu !!!
    j'espère que tout se passera bien en Géorgie, et que ça restera une belle découverte.
    De gros bisous à vous et bonne continuation.

    Posté par Audrey Vast, 08 juin 2010 à 07:00 | | Répondre
  • coucou

    Assez assisue oui...mais moins régulière parfois par manque de temps (surtout ces moments ci avec examens de Vincent et boulot) mais jamais par manque d'intérêt car tjrs aussi chouette de vs lire.
    Comme fond d'écran ai choisi le rétro de baloo dans le "désert" de Jordanie....très chouette...on semble avancer vers nulle part...
    ça donne bien sur mon portable .
    Jécrit pas trop car mon ordi s'étéeint souvent qd suis sur le net .
    Gr bisous !!

    Posté par sylviane, 22 juin 2010 à 12:36 | | Répondre
Nouveau commentaire