30 septembre 2009
Dernieres nouvelles de Turquie...
Bonjour tout le monde,
Nous vous écrivons d’Iran et allons vous raconter la suite et la fin de notre séjour en Turquie.
Après nos aventures au Nemrut, nous atteignons le jour 58. Première et bonne nouvelle : notre Nicolas va mieux. Il ne chauffe donc plus, n’a presque plus mal et remange un peu. Les mauvais jours sont derrière lui. Demain, il se nourrira comme s’il était un puit sans fond.
Après les ‘au revoir’ à Dimitri, notre guide grec amoureux du Nemrut, nous prenons la route vers Diyarbakir. L’état de la route est à nouveau exécrable. Nous avons un ferry à prendre pour traverser les lacs formés suite à la construction du barrage Atatürk. Baloo est donc transporté pour la première fois. Les enfants ont profité de ces lacs pour se baigner et se rafraîchir. Nous bivouaquons un peu plus loin et par deux fois, des gens s’arrêtent pour nous saluer et vérifier que nous n’avons pas de problème. Ils se présentent comme kurdes et nous demandent si nous sommes turcs. Dès qu’ils s’aperçoivent de leur méprise, ce ne sont plus que sourires et poignées de mains.
Le lendemain est une journée très moyenne (ben oui, ça arrive aussi J !). Nous arrivons à Diyarbakir où il y a marché et où la circulation est infernale. Les abords de la ville ne sont pas vraiment engageants et je refuse d’y stationner Baloo. Comme je refuse aussi de rentrer dans le bazar ambiant avec Baloo, nous ne visitons pas et, évidemment, nous le regrettons le restant de la journée. Nous avons cherché de l’eau toute la journée sans succès car les fontaines trouvées avait un débit qui ne permettait même pas de remplir correctement une bouteille d’eau. Que dire alors de notre réservoir !!! Enfin, la serrure du coffre a lâché tant les routes, qui ne sont en fait qu’une succession de chantiers, sont infernales. Bref, une journée où on se dit que, finalement, la Belgique, ce n’est pas si mal…
Le lendemain, routes toujours aussi mauvaises (‘y pas de raison, nous sommes toujours en Anatolie orientale…) mais nous trouvons de l’eau et un super débit. Nous arrivons au bord du lac de Van, peu après la ville de Tatvan, et retrouvons nos amis Eric, Elise et leurs enfants. Ils sont arrivés avant nous et ont dégoté un super bivouac (ils sont champions, pour ça !). Nous sommes vraiment tout au bord du lac, les enfants ont de l’espace, il y a de quoi installer des fils à linge, les commerces sont assez proches et on est tranquille. Evidemment, comme nous sommes à mille sept cents mètres d’altitude, les soirée sont fraîches mais ça fait du bien aussi, parfois, de ne pas dormir avec plus de trente degrés dans Baloo.
Les deux journées suivantes se déroulent très bien : jeux des enfants, baignades, lessives, visites de Tatvan, repas partagés, bergers, chiens, ânes et moutons à profusion (des troupeaux de plus de trois cents têtes… mais la fin du Ramadan approche…), etc. Nous avons du mauvais temps en fin de séjour, nos premières vraies gouttes de pluie depuis notre entrée en Italie il y a deux mois ainsi que des tempêtes de sable. Nous quittons donc ce côté du lac pour aller chercher le soleil de l’autre côté, près de la ville de Van. L’autre but de ce départ est d’aller retrouver une autre famille française qui attend notre arrivée près d’Edremit.
Au jour 63, en route, nous visitons la splendide église d’Akdamar, l’église arménienne de la Sainte-Croix, à laquelle nous accédons après vingt bonnes minutes de bateaux. Ensuite, nous arrivons à Edremit, dans un petit camping en bord de lac, où nous retrouvons le soleil, nos amis et une autre famille de voyageurs. Rémy, Florence, Lila et Myette font route vers l’Inde avec Philéas, leur fourgon aménagé. Notre petit groupe fonctionne bien ; les six enfants suivent leurs heures d’école le matin, les femmes poursuivent les lessives et le rangement, les hommes s’attellent pour leur part à la préparation des repas que nous prenons en commun. Les enfants s’entendent bien et semblent ravis de passer leurs journées avec des copains qui parlent la même langue. Pour Silvio et pour moi, qui ne sommes toujours pas fixés sur notre itinéraire, c’est un peu plus dur de voir ces familles se préparer en vue de la traversée de l’Iran et du Pakistan vers l’Inde comme nous l’avions prévu et rêvé pendant un an.
Là encore, la pluie nous retrouve et nous quittons donc au jour 66. Nous partons vers Dogubayazit et nous rapprochons donc de la frontière iranienne. Les paysage sont désolés, les montagnes et les routes assez hautes (deux mille cinq cents mètres), les postes de contrôle militaires augmentent… A Dogubayazit, nous arrivons en plein marché et il y a des charrettes partout avec des fruits et des légumes à profusion. Nous visitons le palais Ishak Passa. Ce très ancien palais est en rénovation et se retrouve avec un toit tout moderne en verre ! Ca ne le fait pas trop mais nous apprécions néanmoins notre visite. Les deux autres familles nous rejoignent peu après. Le lendemain, Silvio se lève tôt et part avec Eric se balader dans les montagnes où ils ont eu bien peur de se faire dévorer par deux chiens errants et très en colère. Ensuite, c’est le moment difficile de la séparation. Les deux autres familles quitteront Dogubayazit demain et entamerons une course de quinze jours pour arriver en Inde. Nous choisissons de partir aujourd’hui afin de ne pas accumuler trop de retard sur notre planning et de profiter pleinement de notre mois en Iran. Nous savons que nous ne les reverrons plus, à moins de les croiser en Iran s’ils nous rattrapent après la frontière. Là, beaucoup d’émotion, tant au niveau des ‘petits’ que des ‘grands’. Puise tout aller bien pour vous dans la suite de votre périple et vivement vous revoir, en France ou en Belgique, dans onze mois !!! Merci pour tous les supers moments partagés !!!
Nous poursuivons donc et faisons un dernier plein de carburant car nous savons qu’il est malaisé d’en trouver en Iran aux zones frontalières. Je ne vous dis pas la ruine : 2,8 livres
Ainsi se termine notre séjour de près d’un mois en Turquie.
Nous avons fait un tout petit bilan et pouvons constater que ce mois nous a couté presque la même chose que notre mois européen. Nous ne nous y attendions pas, ce fut une assez mauvaise surprise.
Ce que nous avons aimé et moins aimé :
Romane : +++ Les plages de la mer noire et les plages des différents lacs.
--- Istanbul et Ankara.
Romane adore nager et déteste marcher en ville !
Nicolas : +++ Les sites en Cappadoce et le dolmus de la journée au Nemrut.
--- Ankara et Sainte-Sophie à Istanbul qu’il a trouvée fort défraîchie.
Silvio : +++ Les paysages et les bivouacs nature ainsi que l’hospitalité des personnes rencontrées.
--- La saleté partout et les chantiers continus sur les routes en Anatolie orientale.
Françoise : +++ L’accueil des gens et les Monts Nemrut et Ararat.
--- La saleté, l’état des routes et le regard de certains hommes.
En gros, nous sommes tous d’accord pour dire que l’expérience fallait le coup !!!
La suite de nos aventures se déroulera en Iran. Pour des raisons évidentes de discrétion et compte-tenu des tensions internationales, nous mettons ce blog en veille. Nous le complèterons un peu plus tard…
Nous espérons de tout cœur que vous ne nous oublierez pas. En cas d’inquiétude extrême, nos parents seront les seuls à avoir de nos nouvelles régulièrement. Vous comprendrez pourquoi quand vous aurez la suite sous les yeux ; il y a déjà des quantités de choses à raconter J.
09 septembre 2009
Des nouvelles de Kahta, 3.
Bonjour tout le monde,
Nous sommes près de Diyarbakir et je continue la suite de mon précédent message en reprenant au jour 52.
Nous avons quitté Gülsehir et avons visité les habitations troglodytes d’Uçhisar avant de nous rendre à Göremme et ensuite à Zelve où nous avons admiré le musée en plein air et les cheminées de fées. A Uçhisar, nous avons pu discuter devant un thé avec un vendeur chez qui nous avions d’abord acheté des canettes. Il nous a expliqué les problèmes de la population locale obligée de se réorienter professionnellement depuis qu’une chaine d’hôtels bien connue a décidé de fermer trois hôtels sur cinq dans la région, laissant des centaines de personnes sans travail. Les enfants ont eu l’occasion d’essayer des chapeaux typiques de la région. A Zelve et à Göremme, les touristes regardaient les cheminées et le musée puis, certains tournaient autour de Baloo sans jamais nous saluer. Les Turcs eux-mêmes ne nous parlaient plus. Finalement, un homme est venu nous demander d’où venait le camion et semblait intéressé par notre projet. In fine, il voulait que nous nous rendions dans une école où sa nièce apprenaient à confectionner des tapis et surtout, que nous en achetions un pour la faire monter en grade. Lorsque nous lui avons expliqué que nous n’achèterions aucun tapis vu que nous vivons dans un camion, il nous a proposé de le faire livrer. Nous lui avions déjà expliqué que nous louons notre maison et qu’un tapis était trop encombrant pour le faire envoyer chez des personnes qui devraient le garder pendant le voyage. D’une minute à l’autre, nous sommes passés de ‘personnes super intéressantes qui découvrent le monde’ à ‘portefeuille sur pattes sans intérêt’. Il nous a du coup planté là pour aller alpaguer d’autres touristes. De toute façon, notre éventuel budget loisirs, cadeaux ou souvenirs fond comme neige au soleil et passe dans les frais de diesel. Baloo boit beaucoup et la Turquie est un des pays du monde où le carburant est le plus onéreux. C’est dingue puisque les voisins directs de la Turquie sont notamment l’Iran et la Syrie où le diesel ne coûte presque rien. Il n’y a pas qu’en Belgique que les carburants sont hyper taxés !!!
Bref, ce qui précède explique que nous fuyions comme la peste les sites bourrés de touristes occidentaux, quelle que soit la beauté de ces sites. La Turquie est grande, le monde est vaste, il y a de la place pour tout le monde et pour tous les goûts.
Le lendemain, nous sommes allés visiter une ville souterraine à Dirinkuyu. Splendide visite ! La ville de surface est bien moins jolie et, à nouveau, vous vous faites continuellement appeler en vue d’acheter l’un ou l’autre souvenir. Nous avons ensuite quitté tout doucement la Cappadoce.
Les deux jours suivants, nous avons pris la route vers le Mont Nemrut mais surtout, nous avons fait une longue pause près du volcan Ercyes pour vaquer à des occupations plus terre à terre telles les lessives par exemple. Le site était superbe, dans les montagnes, au calme, une mosquée en face de nous et des troupeaux de moutons ou de vaches comme seuls voisins. Un fermier nous a proposé du lait frais excellent. Nous avions retrouvé l’accueil turc à notre plus grand bonheur…
Nous roulons encore le jour suivant et parvenons à rejoindre Gulpinar où jaillissent de très belles cascades. A peine sur le parking de ce petit site, une dame nous offre des pêches.
Le jour suivant se déroule de la même façon. Nous devons un peu mettre le turbo (pas facile avec Baloo) afin d’arriver dans les temps au lac de Van pour retrouver nos amis Eric, Elise, Théo et Elliot. De plus, avec les deux heures d’école quotidiennes et l’intendance, nous ne roulons que quelques heures par jour au mieux et, bien sûr, pas tous les jours. Bref, nous arrivons dans un village près de Besni, après avoir essuyé des heures de routes lamentables et de chantiers quasi ininterrompus.
Nous roulons tranquillement à la recherche d’un endroit plat quand un homme nous fait signe et essaye de savoir où nous allons. A grand renfort de gestes, nous lui expliquons que nous cherchant une place pour nous garer et passer la nuit. Il nous guide vers son champ et nous invite à stationner à côté d’une source d’eau potable. Très vite, sa famille et des voisins viennent voir ce qui se passe et nous offre des fruits : grenades, raisins blancs et noirs, figues, … Nous en avons plusieurs kilos. Ensuite, nous recevons des légumes : tomates et poivrons. Voilà bien des choses que nous n’avons jamais du acheter en Turquie : des fruits et des légumes… Nous leur faisons visiter Baloo et distribuons quelques crayons aux enfants. Dans ce village éloigné de tout, aux maisons ravagées par un tremblement de terre conséquent et assez récent, les crayons sont très appréciés. Les ânes de la famille nous sont aussi présentés et Romane fait un tour sur l’un deux avec une jeune fille du village. Encore une fois, un superbe accueil.
Tout irait bien si notre Nicolas ne commençait pas à couvrir quelque chose. Il a mal au ventre et chauffe assez bien. Nous avons tous mangé et bu la même chose et l’eau est soit filtrée, soit désinfectée systématiquement… A suivre donc…
Nous arrivons dans la ville de Kâtha le lendemain et sommes interpellés par un chauffeur de dolmus (= taxis collectif local). Il nous explique que monter au Nemrut avec le camion va être difficile et qu’il serait mieux de venir avec lui dans le dolmus. Nous hésitons un peu mais très vite, nous trouvons l’idée fort tentante. Nicolas ne chauffe plus mais a toujours mal au ventre, il sera mieux installé et moins secoué que dans Baloo. L’homme gère un ‘camping’ et un hôtel où nous pouvons passer la nuit ce qui nous évite de rechercher un bivouac. Enfin, le dolmus ira bien plus vite (il reste près de soixante kilomètres de montagnes avant LE mont) que Baloo. Nous sommes donc partis avec lui, avec un guide et deux couples de jeunes anglais. Nous avons été ravis. Les routes étaient praticables avec Baloo mais il y avait de nombreux virages en épingles à cheveux qui auraient été très difficiles à négocier. De plus, cela nous a fait une pause (surtout pour Silvio qui conduit d’habitude) et nous a permis de retrouver un peu de confort. Nous avons été voir le pont romain de Cendere et nous baigner dans un site splendide dans les montagnes, juste en dessous de ce dernier, nous avons vu un bas-relief représentant Hercule en train de saluer Mithridate, roi de Commagène, les ruines du château de Yenikale et enfin, le tant attendu Mont Nemrut, la plus haute montagne de Mésopotamie de Nord. Il y a a le tumulus et des terrasses sur lesquelles sont posées de colossales statues d’Apollon, de Zeus, de Tyche, d’Hercule et d’Antiochos. Nous ne sommes redescendus qu’après avoir admiré le coucher du soleil, toujours fidèle depuis notre entrée en Italie. Encore une superbe journée…
A l’heure où j’écris ces lignes, Nicolas a toujours très mal au ventre mais il ne chauffe plus. Personne d’autres de la famille n’a de problèmes. Nous espérons évidemment qu’il se remettra vite.
A bientôt pour d’autres nouvelles…
Des nouvelles de Kahta, 2.
Un mot sur les visas…
Nous vous avons expliqués que nous étions passés à Ankara afin d’obtenir les visas nous permettant de poursuivre notre route une fois sortis de Turquie. Nous vous donnons un peu plus de détails dans cette nouvelle rubrique qui n’intéressera qu’une minorité d’entre vous.
Il est clair que ce que nous mentionnons ici n’engage que nous car tout est sujet à modification en fonction, notamment, des situations politiques dans les pays. Aussi, nous vous demandons de prendre cela comme une information plutôt que comme un fait établi.
Par ailleurs et pour rappel, nous sommes Belges et Suisses. Donc, que nos lecteurs ayant d’autres nationalités que nous soient particulièrement vigilants car il y a des différences même entre nous et les Français (pour la Turquie, entre autre…).
Dans tous les cas, il faut bien évidemment un passeport, même pour des pays en Europe, et le plus souvent, ce dernier doit être encore valable trois voire six mois après votre sortie du pays visité.
Nous parlons de visas touristiques uniquement, sauf mention contraire et nos passeports ne comptent aucun visa d’Israël (dite Palestine occupée par certains pays) ni des Etats-Unis. Dans le cas contraire, il faut parfois faire annuler l’ancien passeport et en faire émettre un nouveau. Si vous voulez faire un tour du monde et absolument passer par Israël, penser à demander votre visa sur un document volant. Cette pratique est courante, ils sont habitués. Cependant, nous connaissons des personnes ayant opté pour cette pratique qui a bien fonctionné à l’entrée d’Israël mais moins bien à la sortie car un des douaniers avait été distrait et cacheté quelque chose en hébreu sur une des pages d’un des passeports. Vu qu’il n’y a pas trente-six pays où on écrit en hébreu, la famille a été recalée aux EAU, en Iran, au Yémen, en Syrie, au Soudan, en Arabie Saoudite, au Qatar, au Liban, en Libye, en Irak, au Koweït et à Bahreïn… Bref, impossible de ressortir avec son véhicule et de rentrer en Europe puisqu’il n’existe aucun ferry d’Israël vers l’Europe ou d’Egypte (seul pays voisin ayant un accès à la mer et n’émettant aucune restriction par rapport à Israël) vers l’Europe. Donc, la feuille volante, ce n’est pas forcément un bon plan.
Les personnes désireuses de connaître les adresses ou les points GPS des ambassades où nous sommes passés ou encore les tarifs des différents visas peuvent nous contacter en MP (= message privé).
La Turquie :
Les Suisses n’ont besoin d’aucun visa. Les Belges doivent acheter le visa aux postes frontières terrestres ou dans les aéroports ou encore dans les ports. Le visa est valable trois mois et est multiples entrées.
L’Iran :
La procédure est identique pour les Belges et pour les Suisses. Seul le prix diffère. Les Suisses payent moins cher. Nous avions constitué un dossier en Belgique sur base des documents imprimés à partir du site de l’ambassade d’Iran à Bruxelles. Ces documents sont en anglais et en farsi. Nous y avons joint une photo par personne. Arrivés à l’ambassade, nous avons appris qu’il fallait une lettre d’invitation délivrable soit par un particulier iranien résidant en Iran, soit par une agence de voyage. Nous avons opté pour cette deuxième solution et avons expliqué notre situation à une agence locale qui nous avait été renseignée par des personnes contentes des prestations. Etant donné que nous voyageons en indépendants, nous n’avons aucune réservation d’hôtel mais l’agence nous a arrangé tout ça sans soucis et pour un prix tout à fait raisonnable. Comme l’agence nous avait donné un délai de dix jours pour l’obtention de notre numéro d’invitation, nous pensions ne plus avoir le temps d’obtenir le visa à Bruxelles. Comme nous devions rentrer dans le pays dans les trois mois qui suivent l’obtention du visa et que nous traversions d’abord l’Europe et la Turquie, nous n’avons pu commencer les démarches que deux semaines avant notre départ de Belgique. Bref, nous avons demandé que le précieux sésame soit disponible à Ankara.
Lorsque nous sommes arrivés à l’ambassade d’Iran à Ankara, nous avons montré les mails échangés avec l’agence iranienne, nos dossiers, donnés nos photos et nos passeports. On nous a demandé d’aller effectuer le payement dans une banque située à quelques minutes à pieds de l’ambassade et de revenir avec la preuve de payement. En moins d’une heure, nous savions que nous pouvions venir rechercher passeports et visas le lendemain matin. Ce que nous avons fait.
A l’ambassade, nous avons croisé deux routards qui partaient vers l’Inde. Tous les deux avaient négligé l’importance de la lettre d’invitation. Tous les deux se sont vus offrir deux solutions : poireauter à Ankara le temps d’obtenir la lettre (et de trouver une agence) ou se contenter d’un visa de transit de sept jours. Vu la taille de l’Iran, dur, dur…
Par ailleurs, comme mentionné plus haut, si votre passeport contient un visa israélien, tout visa pour l’Iran vous sera refusé. S’il contient un visa américain, vous devrez vous contenter de transiter.
Nous avons demandé et obtenu un visa d’un mois à entrée simple.
Les Emirats Arabes Unis :
Nous sommes passés nous renseigner à leur ambassade à Ankara. Il semblerait que le visa puisse s’obtenir lors de l’entrée dans le pays. Nous verrons sur place… Impossibilité d’entrer dans le pays si vous avez un visa israélien dans votre passeport.
Le Sultanat d’Oman :
Idem EAU. Wait and see… Pas de souci particulier par rapport à un visa israélien.
Cette rubrique sera mise à jour au fur et à mesure de notre avancée.
Des nouvelles de Kahta, 1.
Bonjour à tous,
Nous vous avions quitté à Ankara. Je reprends donc mon récit là où je l’avais laissé.
Au jour 47, comme nous sommes samedi et que nous ne pouvons rien faire par rapport à nos visas, nous décidons de faire quelques courses plus importantes dans une galerie commerçante dénichée au hasard sur le périphérique et, ensuite, de quitter la ville pour un endroit plus vert en vue de passer notre week-end.
En fait d’endroit vert, nous nous retrouvons au bord d’un lac que nous ne voyons pas, ce dernier étant entouré de roseaux et de marécages. La terre est brune et l’herbe est brulée par le soleil. Qu’importe… Nous pouvons organiser un lâché d’enfants, sommes au calme et n’avons pour voisins qu’une paisible famille de bergers.
Le dimanche voit arriver une Romane pour une fois très matinale. C’est que les cadeaux n’attendent pas !!! Huit ans, ça se fête, voyage ou pas. Elle fut ravie de ses cadeaux que nous avions acheté bien à l’avance en Grèce. Elle a aussi été fort étonnée de voir tant d’avions et d’hélicoptères dans le ciel. En plus de l’anniversaire de la naissance de notre fille, la Turquie fête le Zafer Bayrami, à savoir, la victoire remportée par l’armée turque républicaine sur les Grecs en 1922 pendant la guerre d’Indépendance. Elle fut donc un peu déçue quand nous lui avons remis les pieds sur Terre en lui précisant qu’il y avait d’autres événements à fêter que son anniversaire et que ces oiseaux de fer n’étaient pas venus pour elle. Sil et moi lui avons confectionné (ainsi qu’à nous-mêmes) un savoureux gâteau au chocolat pendant qu’elle et Nicolas profitaient des nouveaux jouets. Le soir, les enfants bien fatigués et nous bien reposés, nous avons repris la route vers notre parking de Cankaya dans le but de commencer nos démarches dès la première heure le lendemain matin. Le Président a encore du traverser la ville et cette fois, c’est juste avant l’entrée d’un tunnel que nous avons du nous mettre de côté afin de laisser passer son cortège à vive allure.
Au jour 49, nous filons à l’ambassade d’Iran. Nous sommes reçus assez rapidement et avons déjà rendez-vous le lendemain matin pour revenir chercher les documents. Les détails quant à leur obtention figurent dans le message suivant qui sera classé sous la rubrique ‘visas’. Nous prenons ensuite un taxi vers l’ambassade des Emirats Arabes Unis. Ce taxi nous permet de gagner du temps car Cankaya est assez étendu mais il nous sert aussi de guide car nous n’avons pas trouvé la moindre carte d’Ankara. Nous nous dirigeons donc soit à pieds à l’aide des points GPS que nous avons glané par ci par là, soit en taxi avec les adresses. Pendant que les enfants regardent et jouent avec des chatons, nous coupons nos GSM et allons quérir les informations nécessaires à l’intérieur. Nous reprenons ensuite un autre taxi et passons de l’autre côté de Cankaya à l’ambassade du Sultanat d’Oman. Ce dernier a déménagé ! Malgré un énorme travail de préparation, deux des trois ambassades recherchées ont déménagé en moins d’un an. Sans carte et sans parler le turc, ce n’est pas évident… Heureusement, l’ancienne ambassade d’Oman avait pour voisine directe… l’ambassade belge ! Nous rentrons donc babeler un peu français et demander la nouvelle adresse. Nous reprenons encore une fois un taxi qui nous emmène à quelques pas de l’ambassade des EAU que nous avons quitté trois quart d’heure plus tôt ! Malheureusement, malgré notre course, nous arrivons cinq minutes en retard. Je me cramponne un peu à la grille pour tenter d’apercevoir âme qui vive et faire ma tête de chien battu et un garde finit par venir nous ouvrir. Un Omanais se renseigne alors, tout en nous laissant dehors. Il semblerait qu’il n’y ait aucun problème pour acheter ce visa à la frontière, en arrivant. Nous retournons donc à notre parking, tout heureux d’avoir pu boucler notre tour en une matinée. La réponse à notre petite devinette était donc : Iran, EAU, Oman… Personne n’a trouvé, nous ne vous écrirons donc pas ! Non, je rigole, merci à tout ceux qui ont fait des propositions ;).
Nous repassons le lendemain chercher nos documents iraniens et quittons Ankara qui est tout à l’opposé d’Istanbul : modernité/tradition, tops et shorts fréquents/ voiles omniprésents, réveil au son des véhicules /réveils au son des mosquées… Nous avons clairement préféré Istanbul.
Nous nous dirigeons à présent vers la Cappadoce et trouvons un bivouac dans des champs (nous aimons beaucoup le calme des campagnes). Nous préparons tranquillement le repas lorsqu’un enfant vient nous parler. Au moins nous comprenons, au plus il crie ! Finalement, des membres de sa famille le rejoignent et nous repérons, dans un dédale de mots, le son ‘çay’ ! Ca y est, on a compris… Il nous invite à prendre le thé ! En fait, il nous faut déménager car c’est la saison de la mise à feu des champs. Le gamin monte dans Baloo et nous guide chez lui, dans une station-service. Nous voici reçu comme des rois. On nous sert du thé et de l’orangeade ainsi que des pâtisseries turques. Nous ‘parlons’ véhicules. On explique le projet comme on peut à l’aide de cartes et de dessins. Il est surprenant de constater qu’en Belgique, tout le monde craint notre passage en Iran alors qu’ici en Turquie, notre tracé n’étonne personne. Vers vingt-trois heures, un membre de la famille parlant allemand nous téléphone (via la station-service) tout spécialement pour nous parler et nous souhaiter la bienvenue en Anatolie centrale !
Le lendemain, nous nous réveillons au son des cloches suspendues au cou des moutons conduits en prairie par Bechir (le gamin d’hier) et Osman, son ainé. Ils sont ravis de nous montrer les agneaux, le bélier et tout ce qui fait leur vie en dehors de la station-service. Nous commençons l’école et sommes appelés par Bechir car un Monsieur veut nous voir. En fait, cet homme travaille juste à côté de la station-service comme mécanicien tracteur et nous a préparé tout un petit-déjeuner dans son entrepôt. Quel accueil !!! Ils nous regardent tous manger et boire le thé, eux s’abstenant pour cause de Ramadan ! Bechir et Osman nous font visiter une ville souterraine après que nous leur ayons expliqué que c’est en cherchant cette ville que nous sommes arrivés dans leur village. Nous sommes seuls avec eux car le site est fermé pour cause de rénovation. Qu’à cela ne tienne, ils connaissent le gardien, prennent la clef et nous voilà parti. Merci à eux et à leur famille pour tout. Nous discutons encore un peu et reprenons notre route tout émus de cet accueil.
Alors que nous remplissons les entrailles de Baloo d’eau à une fontaine (au seau… Le voyage, c’est dur J), un tracteur s’arrête et nous reconnaissons une des personne vue à la station. Ce monsieur a vécu des années au Pays-Bas et parle donc néerlandais. Qui aurait cru que cette langue nous servirait en pleine Anatolie centrale ??? Pas nous, en tout cas ! Bref, nous comprenons très bien le message : ‘Puisque vous avez gouté au thé, que diriez-vous de venir prendre un vrai café turc chez moi, dans le village d’à côté ?’. Ainsi fut offert, ainsi fut fait. Peu de temps après, nous voici tous les quatre installés dans la ferme collective où il vit avec ses parents, des frères, des sœurs et une ribambelle d’enfants. Cafés, orangeades, pâtisseries… A nouveau, quel accueil ! Nicolas ne mange pas grand-chose car nous craignions toujours qu’il y ait des arachides ou autres fruits oléagineux dans les plats. Devant l’étonnement de nos hôtes, nous expliquons la situation. Qu’à cela ne tienne, Nicolas mangera aussi car la femme d’Ali (le Monsieur au tracteur) nous prépare tout un repas dont nous serons à nouveau les seuls à profiter : pâtes, pains grillés, fromage, bœuf, légumes… Nous visitons les lieux et les enfants regardent les bêtes. Le métier d’Ali consiste à acheter des veaux et à en faire de valeureux taureaux avant de les revendre.
Nous reprenons la route bien plus tard, après que toute la famille ait visité Baloo. Nous sommes tout émus une fois encore et le trajet se passe dans le silence, chacun revivant ces moments très riches en partage. Merci, encore une fois…
Nous ne connaissions aucunes de toutes ces personnes rencontrées. Elles vivent bien plus pauvrement que nous en Belgique, nous ne les reverrons probablement jamais et pourtant, leur accueil a été sans limite de temps, sans limite de nourriture. Nous sommes repartis avec des fruits, des crêpes turques, des légumes, … Ca fait réfléchir…
Le soir, nous trouvons un site typique de Cappadoce à Gülsehir. Nous sommes accueillis avec du raisin. Nous demandons au gardien si nous pouvons dormir sur le petit parking après avoir visité le site. Pas de problème ! Le site va fermer mais le gardien nous laisse les toilettes ouvertes, l’eau potable à volonté, le verger pour manger et il y a même une petite table dehors, sous les vignes, éclairée. Super bivouac. En soirée, on nous appelle… Un habitant présent à notre arrivée nous apporte des feuilles de vignes farcies de riz et confectionnées à notre intention. Quelle journée exceptionnelle !!!
Vous l’aurez compris, nous sommes ravis de notre séjour en Turquie. Nous sommes surtout heureux de voyager comme nous le faisons et d’avoir la possibilité de voir autre chose que les sites touristiques bondés et ayant perdus toute authenticité. Je vous expliquerai dans le prochain message la différence entre les contacts des ces derniers jours et ceux des jours suivants, en plein cœur de la Cappadoce. A très bientôt, donc…
31 août 2009
Des photos de Grèce et de Turquie
Nous venons de poster, pendant près d'une heure, de nouvelles photos tant les connections sot lentes... Les photos de Grèce sont dans l'album 'Europe 2' et les photos de Turquie sont dans l'album 'Turquie' (ben oui...).
D'autres photos de notre famille sont visisbles sur le site de nos amis Eric et Elise: www.theliot.fr dans le carnet de route 'Turquie'.
Les cartes...
Juste pour vous dire que l'album 'cartes' a été retiré car nos prévisions ne correspondent plus à la réalité. Nous mettrons nos données à jour dès que nous aurons une connection Internet rapide hors d'un cybercafé (histoire que les enfants ne s'ennuient pas trop...).
Merci pour votre compréhension.
Des nouvelles d'Ankara
Bonjour à tous,
Nous sommes à Jour 46 et nous vous écrivons d’Ankara.
Nous en étions arrivés au J36, à notre départ de Macédoine et à notre arrivée en Grèce.
Nous avons traversé ce pays rapidement mais avons néanmoins essayé de bivouaquer près des sites intéressants afin de faire une pause agréable dans nos journées. C’est ainsi que le premier bivouac eut lieu à Vergina ce qui nous permit de visiter les tombes royales dont celle de Philippe II, père d’Alexandre le grand.
Le second bivouac eut lieu sur le parking de la vile antique de Philippe, fondée par le même Philippe II et reprise par les Romains et ensuite par les Byzantins. Ce site fut visité en soirée. Nous y étions presque seuls, la chaleur était moindre et la lumière superbe.
Au jour 38, nous passions la frontière turque en dix minutes y compris l’achat de mon visa (Silvio et les enfants ayant un passeport suisse n’en eurent pas besoin). Le bivouac, dans les champs à la sortie d’un petit village rural, nous offrit nos premiers vrais réveils au son de l’appel à la prière matinale de la mosquée voisine. Beaucoup de charme mais un peu tôt à notre goût (vers cinq heure trente du matin L).
Nous sommes parvenus à Istanbul le jour suivant. L’entrée dans la ville fut assez compliquée. Istanbul possède une banlieue tentaculaire et, in fine, les sites dont tout le monde parle sont concentrés dans quelques quartiers assez mal indiqués. Sultanahmet n’est pas fléché et il faut suivre Aksaray. Fallait le savoir… On ne le savait pas ! Mais bon, nous nous sommes débrouillés comme des chefs et avons trouvé un parking en plein centre dans le quartier du bazar, à proximité de la mosquée Suleiman et de la mosquée Beyazit. Super pour s’imprégner de l’ambiance. Moins super pour dormir ou faire l’école car le bruit est omniprésent de jour comme de nuit. Nous sommes au premier jour du Ramadan et, naturellement, après cette première journée d’effort, les gens s’en donne à cœur joie une fois le soleil couché. La ville offre également des repas gratuits en vue de rompre le jeûne. Les familles se pressent et du coup, certaines d’entre elles se pressent aussi autour de Baloo. Cependant, il nous faut reconnaître que la toute grande majorité des gens sont extrêmement gentils. Un exemple : peu avant d’arriver à Istanbul, nous avions fait le plein de diesel. Un vrai plein, jusqu’au bouchon. Comme nous étions garés en pente, le diesel a débordé du réservoir et comme nous n’avons jamais payé du diesel aussi cher qu’en Turquie, nous ne voulions pas le perdre. Une dizaine d’hommes ont aidé Silvio a collecter ce qui s’écoulait et à transférer ce surplus dans le second réservoir moins plein. Un autre exemple : à deux reprises, des stambouliotes nous ont conviés à prendre part au repas offert. Des étudiants sont venus discuter avec nous… Bref, les contacts avec les locaux furent excellents.
Le lendemain, nous nous sommes baladés en bateau dans le Bosphore et avons dégusté des poissons grillés sur les quais avant de nous rendre au palais de Topkapi qui est vraiment splendide. Même les enfants ont aimé ce qui n’est pas peu dire…
Le surlendemain, visite de la Mosquée bleue et de Sainte-Sophie tous deux envahis de touristes. Si nous nous sommes extasiés devant et dans la mosquée bleue, nous avons été déçus par Sainte-Sophie, en rénovation partielle mais bien défraîchie quand même. Enfin, au soir, nous sommes repassés à la mosquée Beyazit et avons admiré les illuminations. C’est vraiment superbe. Ces mosquées sont vivantes. Elles sont fréquentées cinq fois par jour et hyper bien soignées. Vu le vide dans nos églises, c’est assez surprenant pour nous…
Au jour 42, nous quittions Istanbul après avoir visité le bazar. Lorsque, plus tard dans la matinée, nous avons passé le pont du Bosphore, l’émotion fut à son comble. Enfin, pour nous les parents parce que Nicolas et Romane n’en avait cure. Je pense que tous les voyageurs au long cours nous comprendront… Nous étions en Asie !!! Une parenthèse quand même, ce pont est payant. Et pour le payer, trois solutions : un comptage en fonction des plaques d’immatriculation des véhicules, une carte style abonnement ou une autre carte à acheter dans une aubette avant de franchir le pont. Evidemment, nous étions loin de nous douter qu’il n’y aurait aucun vrai guichet avec une personne en chair et en os pour nous aider et recevoir nos sous. Donc, nous arrivons tout fou en Asie et sommes bloqués derrière la barrière. On appuie sur le bouton qui nous relie à quelqu’un sensé nous renseigner. Ce quidam nous explique qu’il faut aller chercher une carte en ville. Sauf que ça fait plus d’une heure que nous essayons de quitter la ville, que nous ne pouvons pas faire demi-tour sur l’autoroute (car ce pont mythique sur trouve sur autoroute), etc. Bref, nous restons quelques minutes comme des nigauds. Le conducteur suivant ne se pose pas de questions, il descend de son véhicule et passe gentiment sa carte pour nous ouvrir la barrière. Et voilà…
Go on vers la mer Noire et Sile. Nous rejoignons une famille française avec qui nous sommes en contact depuis près d’un an car elle a prévu un voyage similaire à celui que nous avions initialement imaginé pour nous. Eric, Elise, Théo et Elliot nous accueillent comme si ils nous connaissaient depuis toujours. Il est vrai qu’entre les nombreux mails, les chats, les coups de fil, leur invitation que nous n’avons pas pu honorer à Pâques, etc, des liens se sont crées. Nous avons passé une journée en bord de mer avec eux et ensuite une seconde un petit peu plus loin, histoire de varier le décor. Le contact est super bien passé entre les adultes et les enfants ont rapidement formé des ‘couples’ en fonction de leurs affinités. Deux superbes journées que nous aurions bien mieux fait de prolonger… Merci à eux pour tout et particulièrement pour le frigo, les photos, les logiciels, les rires, les partages de repas, … Tout !
Le départ fut difficile mais rendez-vous est pris pour de chaleureuses retrouvailles dans quelques semaines au bord du lac de Van, peu avant le passage en Iran.
Nous sommes maintenant à Ankara en vue d’obtenir nos visas pour les pays suivants, à savoir : l’Iran, … et … Le concours est ouvert… Les trois premiers qui nous donneront le nom des deux pays où nous irons après l’Iran recevront une carte postale d’un de ces pays. Eric et Elise, vous êtes hors-jeu, on vous l’a dit en bord de mer Noire J.
Vous devez avoir l’impression que nous roulons parfois beaucoup. En fait, nous faisons des pauses régulièrement et lorsque nous roulons, je passe souvent derrière près des enfants lorsque ces derniers acceptent de laisser de côté leur Nintendo, Nous écoutons de la musique et papotons. Au pire – pour eux – nous avançons en calcul. Nous essayons aussi de toujours faire de chouettes pauses. Je vous ai déjà parlé de notre difficulté à trouver des bivouacs mais nous nous améliorons et pouvons voir de pittoresques villages lors de nos pauses. Hier soir, par exemple, nous nous sommes garés en plein champs à la sortie d’un village. Rapidement, un paysan est passé et nous lui avons demandé l’autorisation de rester sur les bords de son champ. Il a de suite accepté. Plus tard, un deuxième paysan est arrivé. Nous réitérons la question car nous ne savons pas qui est réellement le propriétaire. Cette deuxième personne accepte aussi. Cependant, une heure plus tard, nous voyons arriver près de nous, dans le champ, trois policiers. Ils nous parlent du danger que représentent les animaux et nous invitent à dormir dans l’enceinte du poste de police. Bien sûr, des villageois les avaient accompagnés pour observer les originaux avec leur drôle de camion venus dormir dans un champ. Finalement, nous leur demandons pour rester ici (histoire d’éviter pour une nuit la mosquée dès cinq heures trente…) et ils acceptent tous et nous offrent une grosse pastèque. Nous avions encore deux des trois pastèques offerte par la famille de Drage en Macédoine après être enfin venus à bout de la troisième avec nos amis français. Voilà bien un fruit que nous n’avons jamais eu besoin d’acheter. L’hospitalité, quand même, c’est quelque chose ! Votre véhicule se retrouve rempli de pastèques ! Et une pastèque, c’est lourd, gros et ça ne conserve bien, une fois ouverte, qu’au frigo. Ceux qui ont vu la taille du notre se rendront vite compte du problème… Autre exemple, ce matin, nous avons rencontré des villageois lorsque nous avons fait notre plein d’eau avant d’arriver en ville. Nous avons essayé de communiquer et bien sûr, c’était loin d’être évident. Mais quel plaisir de voir les gens nous sourire quand ils comprennent que nous venons directement de Belgique pour visiter leur pays…
Nous voilà donc maintenant à Ankara et nous avons un peu la rage car les horaires des ambassades ont été modifiés pour cause de Ramadan et comme nous sommes vendredi et que nous sommes arrivés dix minutes après la fermeture des portes de l’ambassade d’Iran, nous sommes chocolat jusque lundi minimum. Pas super !!! D’où le fait que nous aurions du prolonger avec Eric, Elise et leurs pitchouns.
De plus, alors que nous avions trouvé un parking peu cher dans le quartier des ambassades, nous voyons arriver, vers dix-huit heures, deux hommes style agent secret ‘men in black’ près de nous. Il s’avère que ces hommes gèrent la sécurité du Président et que son cortège doit passer pile à côté de nous quand il passe de son palais à son lieu de travail. Ils estiment que nous sommes inoffensifs et nous laissent rester. A vingt-deux heures, les enfants presque couchés, nous voici devenus dangereux et nous devons changer de place. Pas génial, tout ça !!! Enfin, le gérant du parking nous guide et nous offre un verre pour s’excuser des désagréments. Donc, une fois encore, nous devons nous adapter… C’est ça le voyage…
Sinon, dans deux jours, c’est l’anniversaire de Romane. On vous racontera ça la prochaine fois…
A très bientôt.
Amitiés de nous quatre et encore merci de nous suivre.
24 août 2009
Merci à vous...
Bonsoir à tous,
Je profite d'un réseau wifi pour vous remercier tous pour vos messages. C'est très gentil et extrêmement encourageant de savoir que nous somes lus.
Ce soir, nous sommes dans un endroit superbe, en bord de mer noire. Je posterai les photos dès que possible. Je crains malheureusement de vous faire un peu mal au coeur lorsque vous verrez la perle que nos amis ont découvert pour nous. Nos amis, ce sont Eric, Elise, Elliot et Théo qui ont projetté un voyage similaire à celui qu'on aurait du faire. Depuis un an que nous echangeons des mails et coups de fil, voilà que nous parvenons enfin à nous rencontrer. Les enfants s'entendent à merveille et les parents également, à tel point que nous envisageons de nous revoir aux alentours du lac de Van, peu avant de passer la frontière iranienne.
Encore merci à vous et à très bientôt.
23 août 2009
...Enfın...
Voila le travail...
Sı nous sommes en Turquie , vous avez remarque qu'il manque la Grece. Nous vous mettrons les photos des que possıble. Pour ne pas trop alourdır, les nouvelles photos sont dans un nouvel album nomme: Europe 2. Profıtez-en bıen...
A bıentot :-).
Toujours d'Istanbul, la suite...
Bonjour à tous,
Nous sommes au jour 34 et nous vous écrivons de Dobrusevo, petit village de Macédoine. Nous n’avons toujours pas posté le précédent message et nous accumulons du retard. Nous pourrions trouver des cybercafés mais, nous devons avouer que nous avons visité peu de villes en Albanie et qu’ici, en Macédoine, nous profitons de la campagne et du calme après le stress albanais.
Alors, j’en étais au jour 24…
Donc, nous avons trouvé un super bivouac, au bord de la plage et nous y sommes restés quelques jours afin de profiter de l’endroit et de recharger un peu nos batteries car le voyage tel que nous le faisons est assez éreintant (ben oui… !). Sur cette plage, outre nager dans la bleue Adriatique, nous avons rangé et nettoyé un peu Baloo, fait l’école et aidé ceux qui s’étaient aventurés près de nous et qui ne savaient plus remonter vers la route après s’être ensablés, notamment un charmant jeune couple albanais. Nous avons grillé des saucisses au feu de bois et essayé nos douches solaires, bien pratiques pour se dessaler après les baignades. Le jour 25 fut assez semblable mais il nous fallu quitter la plage au jour 26 pour avancer un peu, pour acheter des aliments frais et pour trouver de l’eau. Nous avons donc pris la route de Butrint, tout au sud de l’Albanie. Les routes sont parfois excellentes mais souvent en chantier également. La moindre traversée de village est un vrai challenge pour tout conducteur qui connaît les règles de conduite : il y a des gens garés n’importe où, ainsi que des charrettes ou des ânes. Les gens n’hésitent pas non plus à dépasser en plein tournant et des enfants, parfois très jeunes, courent partout, y compris le long de l’autoroute ! Heureusement, nous sommes gros et ne serions pas les plus abimés en cas d’accidents mais nous préférons quand même les éviter ! Les derniers kilomètres vers Butrint ont été infernaux car la route est super étroite et nous y sommes passés juste au moment où tous les albanais rentraient en sens inverse de la plage d’à côté. Nous sommes arrivés épuisés à Butrint ! Nous avons visité un peu et avons pris le bac pour voir ce qu’il y avait de l’autre côté du cours d’eau. Nous nous endormions rapidement mais avons été réveillés rapidement par la musique d’un mariage qui se passe dans le restaurant d’à côté. Nous l’avions vu mais n’avions plus la force de bouger !!! Bien mal nous en pris puisque nous avons eu droit à tous les classiques de la région jusqu’à quatre heure du matin ! Enfin, ce bivouac nous a quand même permis de rencontrer une bien sympathique famille de Paris (ben oui, …) avec qui nous avons pu discuter et imaginer nos futures destinations de voyage. Nous avons également rencontré deux belges qui visitaient l’Albanie en vélo, avec leur tente. Vu la chaleur et l’état des routes, nous les avons chaudement encouragés et félicités.
Le lendemain, nous avons visité le site de Butrint plus longuement. Il s’agit d’un site archéologique très bien conservé et situé dans une réserve naturelle (voir photos).
Vu le monde à cet endroit d’Albanie, nous avons repris la route vers Gjirokaster et avons bivouaqué au beau milieu des champs. Les paysans sont toujours souriants et nous font beaucoup de signes amicaux. Par contre, cet endroit d’Albanie est très prisé des grecs et eux, nous regardent comme les italiens le faisaient, c'est-à-dire, ils nous dévisagent sans jamais dire bonjour ! Un albanais vivant à Londres et revenu au pays pour les vacances nous a expliqué que les maisons qui se vendaient à quinze mille euros maintenant se revendraient à cent cinquante mille d’ici dix ou quinze ans et nous n’en doutons plus maintenant que nous avons vu l’engouement des grecs et des italiens du sud pour les régions côtières. L’Albanie authentique est peut-être appelée à disparaître et à devenir un futur Monténégro, ce qui, à notre avis, ne sera pas forcément un bien pour la majorité des habitants de ces régions-là.
Nous avons visité Gjirokaster, une ville musée (en partie) au jour 28 et avons filé vers Berat, une autre ville musée. Alors là, vous allez rire plus que nous…
Evidemment, le GPS est un peu perdu pour ce qui est des petites routes secondaires d’Albanie. Le guide parle des deux villes mais prétend que la route est bonne. La carte routière mentionne une route jaune, comme la majorité de celles sur lesquelles nous roulons depuis notre entrée dans le pays. Bref, nous voilà partis… Après un petit temps sur une route bien droite et sans trous, les choses se compliquent. Nous avions l’habitude de passer du meilleur au pire, on reste zens. Un albanais nous arrête et semble nous expliquer que la route est difficile. Nous sommes étonnés car ce n’est pas la pire que nous avons connu… Nous arrivons sur un chemin que nous pratiquons grâce au fait que Baloo est 4X4. Nous continuons quand même et demandons aux personnes rencontrées s’il s’agit bien de la route vers Berat. Tous le confirment. Nous continuons mais restons septiques. Gjirokaster et Berat ne sont pas des bourgades de campagnes mais deux villes !!! Elles sont à soixante kilomètres l’une de l’autre. Eh bien, nous avons mis trois jours pour faire le trajet ! Certes, nous ne roulons pas toute la journée car nous cuisinons et faisons l’école mais quand même !!! Par moment, nous faisons des pointes à quinze kilomètres/heure. A d’autres, nous faisons du deux, au bord du ravin. En trois jours, nous avons rencontrés une quinzaine de véhicules roulant. Les autres véhicules se trouvaient dans des casses de villages ou étaient des ânes !!! Evidemment, ces trois jours sont loin d’avoir été perdus car les paysages étaient splendides, nous n’avons rencontré aucun touriste, nous avons vu plein de troupeaux de moutons, de sympathiques bergers, trois villages coupés du monde moderne et des albanais prêts à nous guider (car évidemment, au croisement de village, il n’y avait jamais de panneaux pour indiquer les directions). Deux d’entre eux ont planté là leur travail pour rouler avec nous dans Baloo pendant une bonne heure et remonter la montagne pendant plusieurs heures à pieds. Cela fait réfléchir… Jamais nous n’aurions offert autant de temps à un étranger venu frappé à notre porte en Belgique. Merci donc à tous ces anonymes qui nous ont aidés et qui nous ont consacrés de leur temps.
Au jour 30, nous arrivons à Berat, mi-heureux d’être enfin arrivés et mi-triste d’avoir quittés le calme et la sécurité des montagnes. Alors, pour bien comprendre ce que nous avons ressenti, vous devez savoir qu’il y a deux ponts qui passent d’un côté à l’autre de la ville, cette dernière étant coupée en deux par un fleuve. Le premier pont est piétonnier et ne nous concerne donc pas. Le second est interdit au plus de cinq tonnes. Sachant que nous en faisons presque dix (c’est surtout Baloo qui pèse, on n’a pas encore grossi à ce point !!!), imaginez notre tête ! Parce que bon, Berat, on aurait pu s’en passer mais le seul moyen de poursuivre notre route vers la Macédoine était de traverser. Donc, trois possibilités : passer le pont alors que nous pesons le double du poids autorisé, refaire la route de montagne pendant trois jours, en ayant presque plus de diesel et d’eau et ensuite faire un immense détour pour atteindre la Macédoine ou, faire ce que nous a conseillé un albanais, prendre une autre route de montagne et contourner Berat, ce qui nous faisait à nouveau de nombreux kilomètres sur des ‘routes’ que seuls des véhicules 4X4 pouvaient emprunter, que la carte ne connaissait même pas et que le GPS ne situait pas non plus.
Nous sommes donc retournés devant le pont et à grands renfort de dessins, nous avons expliqué le problème et demandé l’avis des locaux qui voient défiler sur ce pont de nombreux véhicules. Cela semblait évident pour tout le monde : on peut passer ! Que d’émotions !!! Nous y sommes allés tout doucement et avons guetté la moindre petite vibration du pont en vue de faire marche-arrière si nécessaire. Rien ! Nous sommes arrivés de l’autre côté sans le moindre souci. Valait bien la peine de se tracasser… Enfin, surtout les enfants et moi car Silvio, fort de son cours de ‘ponts’ suivi lors de ses études d’ingénieur était persuadé que le pont tiendrait et que nous ne serions pas responsables de son effondrement. Nous avons donc pu visiter Berat que très peu d’étrangers (de non albanais, donc) visitent. Allez savoir pourquoi…
Evidemment, une telle journée ne pouvait pas se terminer normalement. Le soir, la recherche du bivouac fut difficile et pour la première fois sur dix jours en Albanie, nous avons eu affaire à une personne malintentionnée qui espérait nous soutirer de l’argent pour nous avoir aidés à faire une marche-arrière. Nous avons fini par échouer dans une station-service ouverte jour et nuit où nous avons fait la connaissance d’un sympathique jeune albanais. De surcroît, nous étions en sécurité. Nous avons appris la leçon : toujours rester vigilants, même après dix jours à avoir côtoyé des personnes très gentilles et bonnes. Il y a toujours des exceptions !
Le lendemain, nous quittions l’Albanie facilement, après avoir payé une taxe de cinq euros pour les routes. Oui, vous avez bien lu, pour les routes !!! J’ai mentionné la route entre Gjirokaster et Berat et les douaniers étaient sciés que nous ayons fait cette route, nous, non albanais, et avec notre gros Baloo ! Malgré tout, nous sommes restés redevables de la taxe.
En Macédoine, nous nous sommes directement sentis, disons, plus sereins… Le soir même, nous avons bivouaqué sur un parking près du centre de Ohrid et avons rencontré nos futurs guides et amis : Pero et Nada, parents d’amis vivant en Belgique (merci Sébastien et Nathalie !).
Ohrid est une très belle ville, en bord de lac, avec de nombreux très beaux bâtiments. Pero et Nada nous ont fait visiter mieux que quiconque. Quelle générosité, quelle gentillesse, quel cadeau que ce temps qu’ils nous ont offert !!! Merci à eux ! Nous avons pu partager un excellent plat de poissons grillés avant de poursuivre le repas dans un autre restaurant. En soirée, nous avons admiré les lumières de la ville et de la citadelle à bord d’un bateau naviguant sur le lac. Excellente journée…
Les jours 33, 34, 35, nous avons eu la chance de séjourner à Dobrusevo, petit village de Macédoine à quelques kilomètres de Bitola. Nous avons été accueillis superbement par Drague et sa famille. Ils vivent dans une petite ferme et cultivent des légumes et des fruits (poivrons, pastèques, tomates, melons, oignons, pommes de terre, …) ainsi que le tabac. Nous avons partagé un peu de leur quotidien qui nous est apparu très rude. Lever très tôt, travail énorme, … Et pourtant, ils étaient souriants. Nous les avons vu filer les feuilles de tabac afin de les faire sécher, nous avons visité les champs de pastèques et dégustés ces mêmes pastèques à même le champs. Nous avons partagé leur repas, leur avons fait goûter le rösti (spécialité suisse) et leur avons préparé un spaghetti bolognaise parce qu’ils en avaient très envie. Les enfants ont adoré le séjour et sont devenus amis avec Sharko, le chien ainsi qu’avec les poussins tout juste sortis de l’œuf. Nous avons rencontré leurs proches vivant dans une autre ferme du village et les enfants ont à nouveau adopté les deux jeunes chiots qui nous ont d’ailleurs été offert (pas de panique, maman, nous avons refusé le cadeau pour cause de voyage J). Nous avons appris certaines choses sur leur ressenti face à la situation politique de leur pays, sur leurs us et coutumes, sur la langue qui s’écrit en cyrillique, … Bref, une pause bienvenue après l’Albanie. Un pur moment de bonheur.
Au jour 36, les deux enfants du couple nous ont accompagnés de Dobrusevo à la frontière grecque. Eux sont restés en Macédoine et nous avons traversé en quelques minutes les mètres séparant la Macédoine de la Grèce… Mètres à haute connotation géopolitique…
C’est en Grèce que je termine ce long message commencé à Dobrusevo. Grèce que nous traverserons rapidement vu le retard accumulé en Albanie. Grèce que nous ne souhaitons pas visiter en pleine canicule et en pleine vacances scolaires. Grèce où nous reviendrons probablement un jour pour visiter les très nombreux sites et les îles bleues et blanches.
En attendant, nous vous envoyons plein de soleil car depuis notre arrivée en Italie, il ne nous a plus quittés ! A très bientôt donc…












