31 août 2009

Des nouvelles d'Ankara

Bonjour à tous,

Nous sommes à Jour 46 et nous vous écrivons d’Ankara.

Nous en étions arrivés au J36, à notre départ de Macédoine et à notre arrivée en Grèce.

Nous avons traversé ce pays rapidement mais avons néanmoins essayé de bivouaquer près des sites intéressants afin de faire une pause agréable dans nos journées. C’est ainsi que le premier bivouac eut lieu à Vergina ce qui nous permit de visiter les tombes royales dont celle de Philippe II, père d’Alexandre le grand.

Le second bivouac eut lieu sur le parking de la vile antique de Philippe, fondée par le même Philippe II et reprise par les Romains et ensuite par les Byzantins. Ce site fut visité en soirée. Nous y étions presque seuls, la chaleur était moindre et la lumière superbe.

Au jour 38, nous passions la frontière turque en dix minutes y compris l’achat de mon visa (Silvio et les enfants ayant un passeport suisse n’en eurent pas besoin). Le bivouac, dans les champs à la sortie d’un petit village rural, nous offrit nos premiers vrais réveils au son de l’appel à la prière matinale de la mosquée voisine. Beaucoup de charme mais un peu tôt à notre goût (vers cinq heure trente du matin L).

Nous sommes parvenus à Istanbul le jour suivant. L’entrée dans la ville fut assez compliquée. Istanbul possède une banlieue tentaculaire et, in fine, les sites dont tout le monde parle sont concentrés dans quelques quartiers assez mal indiqués. Sultanahmet n’est pas fléché et il faut suivre Aksaray. Fallait le savoir… On ne le savait pas ! Mais bon, nous nous sommes débrouillés comme des chefs et avons trouvé un parking en plein centre dans le quartier du bazar, à proximité de la mosquée Suleiman et de la mosquée Beyazit. Super pour s’imprégner de l’ambiance. Moins super pour dormir ou faire l’école car le bruit est omniprésent de jour comme de nuit. Nous sommes au premier jour du Ramadan et, naturellement, après cette première journée d’effort, les gens s’en donne à cœur joie une fois le soleil couché. La ville offre également des repas gratuits en vue de rompre le jeûne. Les familles se pressent et du coup, certaines d’entre elles se pressent aussi autour de Baloo. Cependant, il nous faut reconnaître que la toute grande majorité des gens sont extrêmement gentils. Un exemple : peu avant d’arriver à Istanbul, nous avions fait le plein de diesel. Un vrai plein, jusqu’au bouchon. Comme nous étions garés en pente, le diesel a débordé du réservoir et comme nous n’avons jamais payé du diesel aussi cher qu’en Turquie, nous ne voulions pas le perdre. Une dizaine d’hommes ont aidé Silvio a collecter ce qui s’écoulait et à transférer ce surplus dans le second réservoir moins plein. Un autre exemple : à deux reprises, des stambouliotes nous ont conviés à prendre part au repas offert. Des étudiants sont venus discuter avec nous… Bref, les contacts avec les locaux furent excellents.

Le lendemain, nous nous sommes baladés en bateau dans le Bosphore et avons dégusté des poissons grillés sur les quais avant de nous rendre au palais de Topkapi qui est vraiment splendide. Même les enfants ont aimé ce qui n’est pas peu dire…

Le surlendemain, visite de la Mosquée bleue et de Sainte-Sophie tous deux envahis de touristes. Si nous nous sommes extasiés devant et dans la mosquée bleue, nous avons été déçus par Sainte-Sophie, en rénovation partielle mais bien défraîchie quand même. Enfin, au soir, nous sommes repassés à la mosquée Beyazit et avons admiré les illuminations. C’est vraiment superbe. Ces mosquées sont vivantes. Elles sont fréquentées cinq fois par jour et hyper bien soignées. Vu le vide dans nos églises, c’est assez surprenant pour nous…

Au jour 42, nous quittions Istanbul après avoir visité le bazar.  Lorsque, plus tard dans la matinée, nous avons passé le pont du Bosphore, l’émotion fut à son comble. Enfin, pour nous les parents parce que Nicolas et Romane n’en avait cure. Je pense que tous les voyageurs au long cours nous comprendront… Nous étions en Asie !!! Une parenthèse quand même, ce pont est payant. Et pour le payer, trois solutions : un comptage en fonction des plaques d’immatriculation des véhicules, une carte style abonnement ou une autre carte à acheter dans une aubette avant de franchir le pont. Evidemment, nous étions loin de nous douter qu’il n’y aurait aucun  vrai guichet avec une personne en chair et en os pour nous aider et recevoir nos sous. Donc, nous arrivons tout fou en Asie et sommes bloqués derrière la barrière. On appuie sur le bouton qui nous relie à quelqu’un sensé nous renseigner. Ce quidam nous explique qu’il faut aller chercher une carte en ville. Sauf que ça fait plus d’une heure que nous essayons de quitter la ville, que nous ne pouvons pas faire demi-tour sur l’autoroute (car ce pont mythique sur trouve sur autoroute), etc. Bref, nous restons quelques minutes comme des nigauds. Le conducteur suivant ne se pose pas de questions, il descend de son véhicule et passe gentiment sa carte pour nous ouvrir la barrière. Et voilà…

Go on vers la mer Noire et Sile. Nous rejoignons une famille française avec qui nous sommes en contact depuis près d’un an car elle a prévu un voyage similaire à celui que nous avions initialement imaginé pour nous. Eric, Elise, Théo et Elliot nous accueillent comme si ils nous connaissaient depuis toujours. Il est vrai qu’entre les nombreux mails, les chats, les coups de fil, leur invitation que nous n’avons pas pu honorer à Pâques, etc, des liens se sont crées. Nous avons passé une journée en bord de mer avec eux et ensuite une seconde un petit peu plus loin, histoire de varier le décor. Le contact est super bien passé entre les adultes et les enfants ont rapidement formé des ‘couples’ en fonction de leurs affinités. Deux superbes journées que nous aurions bien mieux fait de prolonger… Merci à eux pour tout et particulièrement pour le frigo, les photos, les logiciels, les rires, les partages de repas, … Tout !

Le départ fut difficile mais rendez-vous est pris pour de chaleureuses retrouvailles dans quelques semaines au bord du lac de Van, peu avant le passage en Iran.

Nous sommes maintenant à Ankara en vue d’obtenir nos visas pour les pays suivants, à savoir : l’Iran, … et … Le concours est ouvert… Les trois premiers qui nous donneront le nom des deux pays où nous irons après l’Iran recevront une carte postale d’un de ces pays. Eric et Elise, vous êtes hors-jeu, on vous l’a dit en bord de mer Noire J.

Vous devez avoir l’impression que nous roulons parfois beaucoup. En fait, nous faisons des pauses régulièrement et lorsque nous roulons, je passe souvent derrière près des enfants lorsque ces derniers acceptent de laisser de côté leur Nintendo, Nous écoutons de la musique et papotons. Au pire – pour eux – nous avançons en calcul. Nous essayons aussi de toujours faire de chouettes pauses. Je vous ai déjà parlé de notre difficulté à trouver des bivouacs mais nous nous améliorons et pouvons voir de pittoresques villages lors de nos pauses. Hier soir, par exemple, nous nous sommes garés en plein champs à la sortie d’un village. Rapidement, un paysan est passé et nous lui avons demandé l’autorisation de rester sur les bords de son champ. Il a de suite accepté. Plus tard, un deuxième paysan est arrivé. Nous réitérons la question car nous ne savons pas qui est réellement le propriétaire. Cette deuxième personne accepte aussi. Cependant, une heure plus tard, nous voyons arriver près de nous, dans le champ, trois policiers. Ils nous parlent du danger que représentent les animaux et nous invitent à dormir dans l’enceinte du poste de police. Bien sûr, des villageois les avaient accompagnés pour observer les originaux avec leur drôle de camion venus dormir dans un champ. Finalement, nous leur demandons pour rester ici (histoire d’éviter pour une nuit la mosquée dès cinq heures trente…) et ils acceptent tous et nous offrent une grosse pastèque. Nous avions encore deux des trois pastèques offerte par la famille de Drage en Macédoine après être enfin venus à bout de la troisième avec nos amis français. Voilà bien un fruit que nous n’avons jamais eu besoin d’acheter. L’hospitalité, quand même, c’est quelque chose ! Votre véhicule se retrouve rempli de pastèques ! Et une pastèque, c’est lourd, gros et ça ne conserve bien, une fois ouverte, qu’au frigo. Ceux qui ont vu la taille du notre se rendront vite compte du problème… Autre exemple, ce matin, nous avons rencontré des villageois lorsque nous avons fait notre plein d’eau avant d’arriver en ville. Nous avons essayé de communiquer et bien sûr, c’était loin d’être évident. Mais quel plaisir de voir les gens nous sourire quand ils comprennent que nous venons directement de Belgique pour visiter leur pays…

Nous voilà donc maintenant à Ankara et nous avons un peu la rage car les horaires des ambassades ont été modifiés pour cause de Ramadan et comme nous sommes vendredi et que nous sommes arrivés dix minutes après la fermeture des portes de l’ambassade d’Iran, nous sommes chocolat jusque lundi minimum. Pas super !!! D’où le fait que nous aurions du prolonger avec Eric, Elise et leurs pitchouns.

De plus, alors que nous avions trouvé un parking peu cher dans le quartier des ambassades, nous voyons arriver, vers dix-huit heures, deux hommes style agent secret ‘men in black’ près de nous. Il s’avère que ces hommes gèrent la sécurité du Président et que son cortège doit passer pile à côté de nous quand il passe de son palais à son lieu de travail. Ils estiment que nous sommes inoffensifs et nous laissent rester. A vingt-deux heures, les enfants presque couchés, nous voici devenus dangereux et nous devons changer de place. Pas génial, tout ça !!! Enfin, le gérant du parking nous guide et nous offre un verre pour s’excuser des désagréments. Donc, une fois encore, nous devons nous adapter… C’est ça le voyage…

Sinon, dans deux jours, c’est l’anniversaire de Romane. On vous racontera ça la prochaine fois…

A très bientôt.

Amitiés de nous quatre et encore merci de nous suivre.

Posté par Le scrap du ry à 15:51 - - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur Des nouvelles d'Ankara

    Bonheur...

    Je continue à vous suivre fidèlement et c'est pour moi un réel bonheur. Je me sens en vacances et laisse mon imagination galoper au fil de vos aventures diverses... Le réveil à cinq heures au son du muehdzin(orthographe ??? me parait coquace... Voilà au moins un réveil original....
    Bon vent les amis ! Toutes mes pensées positives pour vous.
    Marie-Noëlle (relook...)

    Posté par marie noelle, 31 août 2009 à 17:18 | | Répondre
  • Merci Françoise pour nous faire participer à votre merveilleuse aventure.Tu es vraiment ravie de l'accueil de ces personnes rencontrées au hasard de vos arrêts.Quelle magnifique leçon de partage, de solidarité et de gentillesse tu nous fais ressentir.Heureux Anniversaire à Roxane pour le 2/09
    J'espère et souhaite qu'elle réalise la chance qu'elle a de vous avoir auprès d'elle et de vivre ce qu'elle est en train de vivre.
    Gros bisous à tous et bonne route, à bientôt

    Posté par maxi, 31 août 2009 à 22:19 | | Répondre
  • "concours"

    Et si, après l'Iran, vous alliez au Turkménistan et en Ouzbékistan ? En tout cas, je suis avec beaucoup d'intérêts votre voyage depuis le début et apprécie énormément vos commentaires et photos. Je suis également le voyage de la famille Theliot et j'ai trouvé très intéressant ce récit "croisé". Bonne continuation et bon anniversaire à Roxane.

    Amicalement

    Posté par Jacno, 01 septembre 2009 à 06:07 | | Répondre
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